L’Icann entrouvre la porte du dialogue

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Face à la volée de critiques qu’a essuyée l’Icann ces derniers temps, l’organisme d’assignation des noms de domaine laisse entrevoir un espoir de dialogue en invitant les internautes de tous horizons, mais anglophones par défaut, à poster leurs remarques, suggestions et critiques vis-à-vis de sa mission et de son fonctionnement. Pour conserver sa crédibilité, l’Icann n’avait peut-être pas le choix.

Les dirigeants de l’Icann ont-ils fini par tendre l’oreille aux critiques (voir édition du 21 mars 2002) ? Possible. L’organisme chargé de gérer les noms de domaine a publié sur son site – certes en toute discrétion – une sorte d’appel à contributions sur la réforme de l’organisme. Le directoire de l’Internet corporation for Assigned Names and Numbers invite donc les internautes de tous horizons à déposer suggestions et critiques face au document de réforme proposé par Stuart Lynn, le président, qui concerne la mission de l’organisme, sa structure et son fonctionnement.

L’Icann invite donc les internautes à exprimer leur avis sur ce que “devrait être ou ne pas être la mission” de l’organisme parmi une liste d’activités proposées. Une dizaine d’activités qui vont de la gestion des serveurs DNS à l’enregistrement des noms de domaine pour l’IPv4 comme pour l’IPv6, en passant par la mise en ligne de la base, l’accréditation des registrars, la réception des plaintes concernant les conflits de noms de domaine, etc. Le texte va même jusqu’à proposer de contester les choix de Stuart Lynn et sa perception des problèmes. Arguments à l’appui, évidemment. “Quels sont les vrais problèmes ?”, s’interroge le comité directeur. L’Icann sous-entend d’ailleurs une éventuelle réforme majeure puisqu’il n’hésite pas à demander quels “mécanismes de transition devraient être mis en place pour assurer une migration des statuts actuels vers le nouvel environnement”.

Réservé aux anglophones

A la surprise générale, l’Icann semble faire amende honorable. A moins que ce ne soit qu’un paravent d’ouverture d’esprit pour mieux justifier la politique en cours. Difficile à dire. Mais face à l’avalanche de critiques qu’a subie l’Icann ses dernières semaines, l’organisme à tout intérêt à montrer des signes d’ouverture, ne serait-ce que pour rester crédible. Cependant, l’Icann semble encore croire que l’Internet se limite aux pays anglophones, voire aux seuls Etats-Unis puisque les contributions doivent elles aussi se faire dans la langue de Shakespeare. Et avant le 29 avril, s’il vous plait. Si ce n’est pas une date limite, il est en tout cas fortement recommandé de la respecter puisque “les commentaires reçus au delà de cette date seront considérés comme beaucoup moins utiles que ceux reçus avant”.


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