L’injonction visant Google ne viole pas la vie privée, selon le gouvernement US

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L’administration Bush considère que le refus de Google de lui transmettre les requêtes des utilisateurs sur son moteur est infondé.

Les arguments des avocats de Google justifiant le rejet de l’injonction du gouvernement américain de lui fournir toutes les requêtes des internautes sur une période de deux mois (voir édition du 20 février 2006) ne pèseraient pas lourd, selon le ministère américain de la Justice (Departement of Justice, DoJ).

Dans un document de 18 pages présenté le 24 février, le DoJ a estimé que les informations fournies ne pourraient pas permettre de tracer les internautes garantissant ainsi le respect de leur vie privée.

En août 2005, le gouvernement fédéral avait demandé aux principaux moteurs de recherche, Google, MSN Search et Yahoo Search, de fournir les requêtes des internautes en vue de préparer une loi visant à protéger les enfants de la pornographie en ligne. Un projet de loi que la Cour suprême avait bloqué.

En dénombrant, à travers les requêtes tapées dans les moteurs, la grande variétés des sites Web accessibles sur Internet, le gouvernement souhaite démontrer l’inefficacité des filtres censés protéger les plus jeunes internautes des contenus pornographiques et autres documents inappropriés pour leur âge.

Le DoJ soutenu par un professeur de statistiques

Microsoft/MSN et Yahoo avait répondu favorablement à la demande de l’administration. Google s’y refusait. Au-delà de la question de la vie privée, Google arguait notamment du manque de ressources informatiques pour traiter la requête gouvernementale qui s’effectuerait aux dépens de son activité première, l’indexation et le référencement de sites Web. Les responsables du moteurs craignent également d’avoir à dévoiler une partie de leur propriété technologique.

Dans son document, le DoJ reçoit le soutien de Philip Stark, un professeur d’analyses statistiques de l’Université de Berkeley. Celui-ci estime infondés les arguments de Google sur la protection de la vie privée. L’expert universitaire annonce notamment que l’injonction gouvernementale se concentre uniquement sur les requêtes des internautes et non sur les informations qui y sont associées.

Autant d’arguments qui n’augurent rien de bon pour la première audience du procès prévue le 13 mars prochain.


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