LinkedIn Salary : du crowdsourcing pour l’évolution professionnelle

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LinkedIn approfondit sa stratégie d’accompagnement de carrière en mettant ses membres à contribution pour alimenter une base anonymisée de salaires.

LinkedIn ouvre les vannes de la recherche d’emploi sur la base des rémunérations*.

Jusque récemment, le filtrage des offres par salaire était réservé aux membres premium disposant d’un profil « Job Seeker ». Et il s’agissait d’informations fournies par les recruteurs.

Le paradigme est renversé avec LinkedIn Salary : sur le principe du crowdsourcing, les 467 millions d’internautes inscrits sur le réseau social professionnel sont invités à contribuer à l’enrichissement de la base, en échange de quoi ils pourront utiliser gratuitement le service.

La disponibilité effective se limite pour l’heure aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Il est question d’un élargissement en 2017.

LinkedIn affirme avoir reçu plus d’un million de contribution. Pour autant, dans les zones géographiques couvertes, de nombreux métiers ne sont pas encore liés à suffisamment de données pour qu’une estimation de salaire soit proposée.

À défaut d’un résultat pour un poste de facteur à Londres, on tente avec un caissier. Sur la base d’une dizaine de contributeurs, nous est annoncée une rémunération médiane de 24 800 livres par an.

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Au salaire de base, spécifié sur la gauche, LinkedIn ajoute les éventuelles primes, stock options et autres bonus. Surtout, l’utilisateur peut accéder à des offres d’emploi associées, reflet de la stratégie « Economic Graph », qui dépasse la dimension du réseau social pour toucher à l’accompagnement des carrières.

La standardisation des métiers dans la base – par exemple entre deux personnes qui se présentent respectivement comme responsable marketing et « growth hacker » alors qu’elle occupent le même poste dans les faits – est réalisée via des algorithmes qui détectent des signaux en analysant notamment l’expérience professionnelle et les aptitudes.

On retrouve la philosophie crowdsourcing au niveau du système d’évaluation qui permet à chacun de signaler des informations non appropriées. LinkedIn précise par ailleurs ne pas accepter d’informations communiquées par des entreprises.

La localisation est privilégiée dans les résultats, qui peuvent être filtrés par secteur d’activité, niveau d’études et taille de la société. L’ensemble des données que transmettent les membres sont « chiffrées » et « séparées du reste du profil », selon LinkedIn, qui signale néanmoins qu’elles ne sont plus modifiables, ni supprimables après soumission.

* Glassdoor, qui est l’une des références en la matière, a dernièrement officialisé un tour de table de 40 millions de dollars, après avoir levé 70 millions en 2015.


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