L’iTunes Music Store tarde à rebondir

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Apple fêtera bientôt le premier anniversaire de son iTunes Music Store et devrait atteindre un niveau annuel de ventes de l’ordre de 70 millions de morceaux. Un succès incontestable mais dont le rebond se fait attendre.

Selon Steve Jobs, le P-DG de l’entreprise, Apple n’atteindra pas le niveau de ventes qu’elle s’était fixée pour son iTunes Music Store : 100 millions de morceaux vendus au terme de son premier anniversaire. “Au rythme actuel, nous aurons probablement vendu entre 70 et 75 millions de chansons [d’ici la fin du mois d’avril, Ndlr], a-t-il déclaré à nos confrères du Wall Street Journal. Cet objectif semble avoir été retenu depuis la mi-décembre par les dirigeants de la firme (voir édition du 17 décembre 2003). L’iTunes Music Store a franchi le cap des 50 millions de chansons distribuées le 15 mars dernier. Ce chiffre, ainsi que celui qui sera publié fin avril, ne prend pas en compte les téléchargements prévus par l’accord avec Pepsi, soit 100 millions de titres (voir édition du 17 octobre 2003). Le rythme des ventes est donc désormais de 2,5 millions de titres par semaine. Un chiffre en hausse régulière depuis le lancement du service.

Le 28 avril, jour anniversaire du lancement de l’iTunes Music Store (voir édition du 29 avril 2003), Apple pourrait avoir atteint un niveau hebdomadaire moyen de ventes compris entre 1,25 et 1,44 million de titres. Pour comparaison, le service Napster de Roxio ne totalise que 310 000 morceaux par semaine (voir édition du 4 mars 2004). En Europe, Coca-Cola a annoncé récemment avoir atteint un volume de 10 000 chansons par semaine après un mois de fonctionnement, une contre-performance comparé au service de la Pomme qui atteignait 300 000 chansons dans les mêmes conditions. Les concurrents tentent de recopier le modèle proposé par Apple en le détournant à leur avantage : Coca-Cola entend vendre ses sodas, Virgin se propose de vendre de la téléphonie, tandis que Dell ou Napster poussent leurs baladeurs numériques respectifs. Il ne s’agit que d’un succédané de la stratégie centrée autour de l’iPod. Problème rencontré par ces différents acteurs : l’iPod ne fait pas tout, il n’est qu’une brique d’un vaste puzzle conçu minutieusement par le constructeur californien. D’un côté, le codec de compression AAC (voir édition du 3 février 2004), le système de gestion de droits Fairplay, le lecteur QuickTime, l’application iTunes, le logiciel de navigation Safari, le serveur de musique QuickTime Streaming Server  de l’autre, des services mis au point autour de WebObject et des serveurs Xserve, mais aussi des partenariats (signés avec les cinq majors et les labels indépendants), et enfin la confiance dont bénéficie Steve Jobs auprès des professionnels.

Une accélération décroissante

En France, l’alchimie pourrait buter sur la question de la taxe Brun-Buisson, qu’Apple n’a pas respectée pour le moment. Mais la firme n’a pas intérêt à léser le système mutualiste français car son taux de croissance des ventes stagne désormais. Actuellement, l’indicateur le plus intéressant pour Apple est bien ce taux de progression, qui démontre le dynamisme de son service. Et là, force est de constater que si la firme a fortement accéléré son modèle de vente avec l’arrivée de clients utilisant des PC, ce taux ne progresse plus aussi vite : il est passé de près de 135 % entre novembre et décembre à environ 130 % en janvier et stagne actuellement autour de 125 % par mois. La firme se doit donc de rebondir en recrutant encore plus d’acheteurs de musique. Apple est déjà en train de faire avancer ses deux solutions retenues pour généraliser l’usage de l’iTunes Music Store. La première concerne le partenariat avec HP : le lancement récent du site de musique de ce constructeur ainsi que la vente d’ordinateurs prééquipés d’iTunes en avril prochain serviront d’effet de levier. L’autre pendant de la conquête consiste à internationaliser le magasin en ligne – l’Europe et le Japon devraient servir de relais de croissance. Evidemment, l’effet combiné de la mise à disposition d’ordinateurs HP prééquipés, l’apparition d’un hPod (l’iPod de HP) et l’internationalisation du site de vente devraient positionner le service d’Apple encore plus loin devant ses concurrents.


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