Loi Macron : cabines téléphoniques et annuaires papier mis au rancart

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La loi Macron libère Orange et Solocal Group de leurs obligations respectives : fournir des cabines téléphoniques publiques et distribuer les annuaires papier.

La loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite « loi Macron », sonne le glas des cabines téléphoniques et du Bottin.

Orange (ex-France Télécom) et Solocal Group (anciennement PagesJaunes) sont libérés de leurs obligations respectives en la matière.

Début avril, les sénateurs avaient adopté des dispositions visant à abroger, pour l’opérateur historique chargé d’assurer le « service universel », l’obligation de fournir « à tous […] l’accès à des cabines publiques installées sur le domaine public ou à d’autres points d’accès au service téléphonique au public » (article L35-1 du code des postes et des communications électroniques).

Des mesures effectivement insérées dans la loi Macron – votée le 10 juillet dernier – avec un texte prévoyant d’accompagner la transition en concertation avec les collectivités territoriales, comme le souligne Le Parisien.

Il s’agira notamment de s’assurer que les quatre opérateurs mobiles respectent leurs obligations de couverture des zones blanches. Ils se sont engagés, au mois de mai, à servir l’intégralité de la population à l’horizon 2017. Il reste aujourd’hui entre 2 000 et 4 000 lieux d’habitation (communes, bourgs, lieux-dits) totalement dépourvus de téléphonie mobile, selon Les Échos.

En l’état actuel, Orange exploite un parc de 80 000 cabines, dont près de la moitié au titre du service universel : l’opérateur est tenu de fournir au moins un « publiphone » par commune – et au moins deux au-delà de 1 000 habitants.

Problème : plus de 90 % de ces cabines sont dites déficitaires, le chiffre d’affaires ne suffisant pas à couvrir les frais liés à leur maintenance. Des coûts d’entretien évalués à 14 millions d’euros en 2013 et 8 millions en 2014, pour un CA annuel avoisinant les 12 millions d’euros. Il aurait par ailleurs fallu ajouter 150 millions d’euros sur les 5 prochaines années pour une mise aux normes technologiques.

L’usage des téléphones mobiles et des services Internet (VoIP, messagerie instantanée) a fait décliner celui des cabines téléphoniques : – 95 % de temps d’appel entre 2000 et 2013, avec aujourd’hui, selon Orange, moins d’une minute de communication par jour et par cabine.

Il y a quelques années, les dirigeants de France Télécom avaient imaginé installer des hotspots Wi-Fi sur les cabines téléphoniques pour proposer un accès à Internet à proximité. Une idée qui a fait grincer des dents la concurrence et qui a finalement été abandonnée.

Également mis à disposition des Français dans le cadre du service universel, l’annuaire téléphonique papier recensant les coordonnées des particuliers (les fameuses « pages blanches ») n’est plus distribué, depuis quelques mois, que dans les départements où l’activité est rentable.

Solocal Group, la société éditrice, n’est effectivement plus tenue par aucun engagement depuis fin 2014. Ce que confirme la loi Macron.

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