Loudcloud revendique l’hébergement intelligent

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Loudcloud, société spécialisée dans les services d’hébergement à valeur ajoutée, arrive en France. La société, créée en 1999 aux Etats-Unis par d’anciens cadres de Netscape et d’AOL avec comme figure de proue Marc Andreesen, le cofondateur de Netscape, met en avant son logiciel Opsware capable d’automatiser la mise en place et la maintenance d’une infrastructure informatique. Pour Pascal Desaint, directeur Europe du Sud de Loudcloud, un tel procédé contribue largement au développement de l’hébergement qu’il appelle intelligent au détriment des solutions classiques.

VNUnet : Sur le marché de l’hébergement, Loudcloud arrive en force. Les 200 millions de dollars que vous avez levés en moins d’un an sont-ils à imputer à Marc Andreessen, personnage charismatique et qui assure la direction de Loudcloud ?

Pascal Desaint :

Il est évident que le personnage même de Marc Andreesen, en tant que cofondateur de Netscape, a joué dans cette mise en confiance des investisseurs. Mais surtout, il a su s’entourer d’une équipe très performante issue du même parcours que lui, à savoir Netscape et AOL. Pour autant, les investisseurs ont misé sur notre offre et non sur une équipe.

VNUnet : Comment pouvez-vous définir Loudcloud ?

Pascal Desaint :

Loudcloud est au carrefour de trois métiers. Nous sommes intégrateur d’équipement de logiciels, ASP puisque nous proposons des services en mode locatif, et enfin hébergeur. Nous offrons donc la possibilité à des sociétés d’externaliser leurs infrastructures informatiques et Internet.

VNUnet : Quel va être le créneau de spécialisation de Loudcloud ?

Pascal Desaint :

Si nous offrons des services d’hébergement classiques qui consistent à mettre à disposition des mètres carrés et un parking [pour les serveurs du client, Ndlr], nous nous positionnons aussi sur le marché de l’hébergement dit intelligent.

Nous voulons devenir le guichet unique pour une entreprise pour tout ce qui concerne son infrastructure informatique.

Nous fournissons une solution clés en main qui inclut le matériel, le logiciel, la base de données, les éléments réseaux et sécurité, ainsi que les sites d’hébergement dans le monde entier.

Nous pouvons déployer une infrastructure en quatre semaines et permettre ainsi à nos clients de mettre leurs services sur le marché rapidement. Nous fournissons aussi des outils dynamiques leur permettant le monitoring du trafic, les mesures de performance et les prévisions de croissance de leurs sites Web.

VNUnet : Sur ce dernier point, vous avez développé un logiciel de déploiement et de gestion d’infrastructures informatiques. Comment fonctionne-t-il ?

Pascal Desaint :

C’est exact. Un peu comme Henry Ford l’a fait en son temps, nous voulons automatiser la mise en place d’une infrastructure Web. Notre logiciel développé en interne permet par exemple de reconfigurer l’architecture d’un site d’une société en prévision d’un pic important de pages vues. Pour paramétrer l’architecture d’un site afin de passer de 200 000 pages vues à 1 million, un certain nombre d’étapes doivent être réalisées si la société ne souhaite pas “planter” son site. Calculer le nombre de firewalls, de processeurs, de routeurs, de switch à installer prend en moyenne deux à trois semaines. Notre logiciel Opsware permet de calculer tous ces paramètres en 15 minutes. En fonction de cela, nous offrons à la société de mettre directement en place la nouvelle architecture sur un mode locatif.

VNUnet : Quels sont selon vous les avantages à externaliser l’infrastructure informatique d’une société ?

Pascal Desaint :

Loudcloud, en offrant des services d’hébergement à valeur ajoutée, permet aux entreprises clientes de se concentrer sur leur valeur ajoutée propre, c’est-à-dire leur application spécifique, la relation clients, les programmes marketing et publicitaires, plutôt que de gérer les opérations quotidiennes fastidieuses sur les composantes matérielles et logicielles de leurs sites Web. Par ailleurs, différentes études ont démontré que la gestion d’un site Web revenait trois fois moins cher dans un centre d’hébergement qu’au sein de l’entreprise. Plutôt que l’équipe technique soit dans l’entreprise, elle est dorénavant externalisée. En offrant une task force (groupe de travail) de quatre personnes qui est entièrement dédiée à l’entreprise, nous devenons réellement le conseiller technologique privé de celle-ci. L’entreprise se libère ainsi de beaucoup de contraintes comme celle de recruter un personnel qualifié. Un point qui va rapidement poser problème à nombre de sociétés devant la pénurie annoncée d’informaticiens.

VNUnet : A qui s’adressent ces services et combien coûtent-ils ?

Pascal Desaint :

Nous ciblons clairement le marché des ASP, des grands comptes et des dot com. Concernant la tarification, nous proposons un forfait mensuel de plusieurs milliers de dollars. Notre offre s’adresse par exemple à une dot com qui aurait levé pour son deuxième tour de table entre 7 et 8 millions de dollars. Dans ce cas, on peut envisager un forfait mensuel d’environ 70 000 dollars. Nous estimons que le retour sur investissement se fera dans les 7 à 8 mois.

VNUnet : Quels sont vos partenaires ?

Pascal Desaint :

Nous avons passé beaucoup de partenariats. Nous avons ainsi Oracle pour les bases de données, Akamai pour tout ce qui concerne le Web caching, Sun et HP pour les stations de travail, Cisco pour les routeurs. Enfin, nous utilisons les solutions d’EMC pour le stockage. D’autres partenariats sont à venir.

VNUnet : Quelle est la prochaine étape pour Loudcloud ?

Pascal Desaint :

Sur le plan technologique, nous devrions ouvrir un data center en France ainsi qu’en Allemagne courant 2001. Sur un plan plus économique, nous devrions nous introduire en Bourse au début de l’année prochaine sur le Nasdaq.

VNUnet : Comment devrait évoluer le marché de l’hébergement ?

Pascal Desaint :

Le marché est aujourd’hui en pleine émergence, pourtant nous devrions connaître dans les années à venir une pénurie de centres d’hébergement. L’offre sera ainsi inférieure à la demande. D’autre part, l’hébergement classique devrait représenter moins de 50 % du marché global de l’hébergement d’ici les 2 à 3 ans à venir. Seules les PME devraient, en effet, être intéressées par ce genre de service.


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