Lutte antipiratage : la Hadopi défend son bilan de la réponse graduée

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Avant l’échéance électorale cruciale en France, la Hadopi constate de “réels effets tant sur le téléchargement illégal en P2P”. Le principe de la réponse graduée a fonctionné mais de là à parler d’adoption massive des offres légales…

La Hadopi fait le bilan de ses 17 mois d’activité effective dans un rapport (PDF).

Elle compte prouver que l’application de la “réponse graduée” a été positive dans la lutte antipiratage numérique (comme le téléchargement peer to peer).

La Commission de Protection des Droits, en charge du processus d’avertissement au sein de la Hadopi, a établi une analyse à partir des 755 015 dossiers d’abonnés ayant reçu au moins une première recommandation (période octobre 2010 à décembre 2011).

Elle observe “un changement de comportement chez la très grande majorité des destinataires”.

Après une première “recommandation” reçue par e-mail, 95% des internautes flashés disparaissent des radars .

Parmi les “persévérants” qui reçoivent une lettre recommandée (deuxième avertissement), 92% n’exhiberont pas “de nouveau comportement illicite constaté dans les délais prévus par la Loi“.

Arrivés à la phase ultime de la prévention, les rares cas qui finissent devant la CPD (193 dossiers au dernier recensement) bénéficient d’une attention toute particulière : 98% se déclarent à abandonner le téléchargement illégal.

Mais les plus irréductibles iront s’expliquer devant la justice.

Sur le front de la lutte antipiratage, la Hadopi effectue une comparaison entre différentes sources. Elle souligne “une nette tendance au recul du téléchargement illégal en P2P”.

Tout en précisant : “Rien ne permet d’affirmer qu’il y a eu un report massif des usages vers les technologies de streaming ou de téléchargement directe.”

Il faudra attendre un peu avant d’effectuer un réel bilan de  la fermeture de Mégaupload survenue en janvier 2012.

La Hadopi met en avant la baisse d’audience de 29% entre fin 2010 et fin 2011 des quatre principaux réseaux P2P (uTorrent, BitTorrent, eMule, LimeWire) mesurée en France par le  panel Mediametrie//NetRatings :

D’autre chiffres cités par la Hadopi – à prendre cette fois avec plus de recul car provenant d’entreprises spécialisées dans la lutte contre le piratage (Peer Media Technologies) ou même de l’ALPA (Association de Lutte Contre la Piraterie Audiovisuelle) – font même état d’une chute de 43%  à 66% du nombre de fichiers mis à disposition sur ces réseaux P2P en 2011.

Avec le recul du piratage en France perçu par la Hadopi, les internautes français se sont-ils tournés vers les offres légales ?

Il demeure encore un certain flou sur un présumé retournement massif d’usage.

Et ce , malgré les efforts de la Hadopi pour promouvoir une offre légale de divertissement numérique estampillée PUR : 50 plateformes proposant des offres de 6 secteurs culturels (musique, vidéo, jeu vidéo, logiciel, livre numérique, image).


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