Messagerie sur mobile : les entreprises hésitent à l’adopter

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Les opérateurs et constructeurs télécoms poussent à la convergence
fixe-mobile mais les entreprises restent frileuses.

On sent un léger décalage entre le discours des prestataires et les attentes des entreprises en matière de messagerie mobile. Dans le cadre du salon Mobile Office, une table ronde, organisée mardi matin, a été consacrée à la problématique de la continuité fixe-mobile de la messagerie.

“80% des clients professionnels veulent accéder à la messagerie mobile mais aujourd’hui, seuls 1 à 3% d’entre eux ont franchi le pas”, déclare d’emblée Jean-René Cazeneuve, Directeur Entreprises de Bouygues Télécom. Le representant de l’opérateur estime que ce faible pourcentage de convertis s’explique par une certaine “méconnaissance” du marché alors que l’offre s’est considérable développée au cours des 18 derniers mois.

Les réticences sont peut-être également liées à des appréhensions vis-à-vis aux échanges de mails pro et perso et les risques de confusion des genres?Même le facteur coût ne serait pas dissuasif. Il faut compter entre 10 et 20 euros par mois par collaborateur pour se doter d’un accès à une messagerie mobile, selon Jean-René Cazeneuve. “Par rapport au gain de productivité acquis par un cadre, cet investissement ne représente rien”, poursuit le responsable de la division Entreprises de Bouygues Télécom.

80% des usages PC accessibles sur mobile

“Avec des forfaits entre 10 et 30 euros proposés par les opérateurs, la rentabilité arrive rapidement”, confirme en écho Christophe Ducamp, Responsables des relations commerciales avec les opérateurs chez Research in Motion, le constructeur des terminaux BlackBerry qui a fait le choix de placer la messagerie mobile au coeur de sa stratégie. “La perception des clients finaux est assez mal comprise. Mais il existe une vraie demande en mobilité de la part des entreprises (?) Nous devons nous concentrer sur la satisfaction finale de l’utilisateur”, martèle le deuxième intervenant.

De l’avis de Bouygues Télécom, il est désormais possible de réaliser 80% des pratiques de messagerie PC à partir d’un mobile. Mais cela n’est peut-être pas suffisamment rassurant pour les entreprises. “Il manque encore un terminal banalisé, une solution tout en un répodant aux besoins de mobilité en entreprise et de home office. Mais tout est possible, quitte à mélanger les technologies d’accès mobile”, commente Michel Cugnot, consultant Communications Unifiées chez Cisco.

Naturellement, le débat glisse sur le terrain de la convergence. Un terme à prendre avec des pincettes, selon Jean-René Cazeneuve. “Je ne crois pas à la convergence du terminal sous l’angle du couteau suisse (?) Ce qui est déterminant, c’est la convergence de service et la continuité de sa messagerie prenant en compte l’instant messaging mais aussi les SMS”, déclare le représentant de Bouygues Télécom.

La sécurité, toujours dans l’esprit

Christophe Ducamp de RIM prend le relais et souligne qu’outre l’aspect services, le volet hardware est aussi important. “En tant que fabricants de terminaux mobiles, nous répondons en premier lieu aux cahiers de charge fournis par les opérateurs”, rappelle le “Mr BlackBerry” invité à cette table ronde.

RIM reconnaît qu’il se concentre sur l’interopérabilité entre ses solutions et les produits leaders de la messagerie en entreprise (Microsoft Exchange Server et Lotus/IBM) mais les outils alternatifs comme GroupWise de Novell ne sont pas à négliger pour autant.

Dans ce dédale de communication multi-canal, la question de la sécurité des échanges revient sur le devant de la scène. “Le terminal mobile ne doit communiquer avec l’entreprise que de manière cryptée. Les communications doivent être sécurisées de bout en bout”, soutient Christophe Ducamp.

La vidéo n’est pas un besoin entreprise

Michel Cugnot de Cisco aborde la problématique du retour sur investissement des nouveaux modes de communication comme la messagerie instantanée, la messagerie unifiée, les fonctions collaboratives voire la vidéoconférence. “Tout dépend de la réactivité des personnes qui communiquent. Tous ces outils évitent des déplacements physiques des collaborateurs et de partager les ressources à partir de son bureau”, déclare le représentant du fournisseur de solutions réseaux et télécoms américain.

Mais, les usages perçus en entreprise ne suivent pas le rythme d’innovations de Cisco. “Je n’ai pas rencontré de DSI qui a souligné un besoin en vidéo. Il va se passer un petit moment avant que les entreprises l’adoptent”, rétorque Jean-René Cazeneuve de Bouygues Télécoms.

Le mot d’ordre fédérateur porterait davantage sur les moyens et les offres à mettre en place pour inciter les entreprises à s’ouvrir à la messagerie mobile. La convergence attendra?

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