Microsoft crée un conseil autour de l’interopérabilité

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L’éditeur forme un groupe de travail composé de clients grand compte pour mieux définir les besoins en la matière.

Microsoft a annoncé le 14 juin la création d’un Conseil d’utilisateurs en interopérabilité (Interoperability Customer Executive Council). Pour l’heure composé des représentants de grandes entreprises et administrations (Société Générale, LexisNexis, Kohl’s Department Stores, ministère des Finances du Danemark, Generalitat de Catalunya et Centro Nacional de Inteligencia (CNI) en Espagne, et les administrations du Wisconsin et Delaware aux Etats-Unis), ce nouveau groupe de travail se donne pour mission “d’identifier les secteurs d’interopérabilité à améliorer à travers [les] produits [Microsoft] et l’industrie logicielle globale”, selon le communiqué de l’éditeur. D’autres acteurs majeurs devraient venir étoffer le groupe mais Microsoft reste discret sur les noms des futurs membres.

Le conseil se réunira deux fois par an au siège de Microsoft, à Redmond, sous la houlette de Bob Muglia, vice-président senior de la division serveur et outils professionnels de l’éditeur. Le Conseil sera donc en contact direct avec les équipes produits chez Microsoft pour répondre aux mieux aux besoins des clients en matière d’interopérabilité, aussi bien en termes de connectivité, d’intégration des applications que d’échanges de données, notamment à travers les différentes plates-formes du marché.

Répondre aux besoins les plus urgents

A travers l’hétérogénéité des solutions, applicatives et matérielles, l’interopérabilité apparaît aujourd’hui comme un véritable enjeu stratégique pour l’éditeur notamment confronté aux formats ouverts adoptés par le modèle open source dont la normalisation internationale d’OpenDocument s’affiche comme le symbole le plus marquant (voir édition du 5 mai 2006). Autrement dit, il s’agit pour Microsoft de développer des solutions toujours plus compatibles avec les applications tierces indispensables aux activités des entreprises clientes.

Si Microsoft propose déjà un certain niveau d’interopérabilité à travers ses produits actuel (Windows, SQL Sever, Exchange Server, Visual Studio, BizTalk Server…) et à venir (Windows Server Virtualization, voir édition du 26 mai 2006), l’éditeur semble aujourd’hui vouloir répondre aux besoins les plus urgents des utilisateurs de ses technologies. D’où l’idée d’un conseil composé de clients invités à faire part, en direct, de leurs problèmes en matière d’interopérabilité.

Collaborer avec les concurrents

Une démarche initiée dès février 2005 avec la publication d’une note de Bill Gates sur “l’interopérabilité par la conception” (interoperable by design) ou l’architecte en chef orientait la stratégie de l’éditeur en développant outils et services autour du langage XML. Depuis, les équipes de Redmond ont poursuivi les développements : Office 2007, basé sur le format OpenXML est en voie, lui aussi de normalisation, (voir édition du 22 novembre 2005) tandis que Virtual Server 2005 R2 qsupporte Linux.

Microsoft a également été amené à collaborer avec des concurrents, notamment SAP, Hyperion, JBoss ou SugarCRM. Et a signé des accords de licences de propriété intellectuelle avec des constructeurs comme NEC, Toshiba, Sony Ericsson, Autodesk et Nokia.

Selon la stratégie choisie, Microsoft devra se rapprocher des univers d’Unix et, surtout, Linux très présent dans les applications serveurs. En toute logique, l’éditeur de Windows pourrait être amené à dresser des ponts avec le modèle du libre autour de la licence GPL. En attendant cette éventualité, Microsoft a ouvert Port 25, un site communautaire dédié au échanges autour du “laboratoire open source” de l’éditeur.


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