Monoprix croque un morceau d’epicery pour fédérer l’offre de centre-ville

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epicery, qui fait l’interface entre les consommateurs et les commerçants de quartier, noue un partenariat avec Monoprix et lui ouvre son capital.

L’avenir d’epicery s’inscrit-il dans le giron de Monoprix ?

Président-cofondateur de la start-up qui fait l’interface entre les consommateurs et les commerçants de quartier, Édouard Morhange* ne démentit pas catégoriquement cette éventualité.

Il affirme néanmoins que LSA Conso tient des propos « inexacts » en annonçant que l’enseigne filiale du groupe Casino pourrait, dans un horizon de quelques années, acquérir 100 % du capital de sa société.

La question se pose à l’heure où Monoprix prend une participation dite « minoritaire », dans le cadre d’un tour de table dont le montant n’est pas communiqué.

L’Europe attendra

epicery avait bouclé, l’an dernier, une levée d’amorçage de 700 000 euros qui avait accompagné le lancement commercial de sa plate-forme positionnée comme un levier logistique digital pour les petits commerces.

Kima Ventures, le fonds de capital-risque de Xavier Niel, avait participé à l’opération aux côtés de business angels parmi lesquels Jean-David Blanc (Allociné), Michael Benabou (vente-privee.com), Clément Benoit (Resto-In), Julien Codorniou (Facebook)… et Marc Ménasé (Menlook), dont la contribution est allée au-delà de l’investissement financier.

À l’époque, epicery revendiquait « plus de 100 » commerçants dans la boucle à Paris et projetait un développement dans plusieurs capitales européennes en 2017.

Le compteur en est désormais à « plus de 300 » partenaires, mais le service n’a pas dépassé les frontières de l’Hexagone, s’étendant à Lyon-Villeurbanne (50 commerçants) et en banlieue parisienne.

Stuart & Cie.

Cofondatrice et directrice générale d’epicery, Elsa Hermal confiait, en mai dernier à LSA Conso, que le concept avait séduit « plus de 1 000 clients », dont 40 % réalisant plusieurs commandes par mois.

Édouard Morhange le reconnaît : ce canal ne représente encore qu’une part minoritaire du chiffre d’affaires des commerçants partenaires ; ce qui justifie, laisse-t-il entendre, que ces derniers soient payés à la quinzaine.

epicery se rémunère en conservant 25 % du C.A. apporté à ses clients, qui bénéficient d’une tablette pour la gestion des commandes et des stocks. Une activité qui devrait rapporter environ 1 million d’euros sur l’année 2017, selon Édouard Morhange.

Les livraisons – dont les tarifs dépendent des quantités commandées et du nombre de commerces, avec un ticket d’entrée à 2,90 euros – sont assurées par des coursiers affiliés à une dizaine de plates-formes partenaires, parmi lesquelles Stuart, dont le principal dirigeant Benjamin Chemla est actionnaire d’epicery.

Logistique algorithmique

Au-delà des vélos, certaines livraisons sont effectuées en scooter, en voiture électrique… ou à pied pour certaines denrées comme la pâtisserie.

Ce n’est pas là le seul marqueur de différenciation face au rouleur compresseur Amazon et son service Prime Now lancé l’an dernier dans la capitale : alors que le groupe américain s’appuie sur un seul entrepôt situé dans le 18e arrondissement, epicery fonctionne avec quelque 250 points de retrait, sur la base d’un algorithme développé en interne.

Ce réseau va s’agrandir à l’échelle de la France avec les magasins Monoprix, dont les produits seront par ailleurs disponibles à la commande sur epicery, comme ceux de Naturalia.

Les paniers constitués sur monoprix.fr pourront en outre être complétés avec des articles d’autres commerçants partenaires d’epicery, toujours dans un rayon de 2,5 km par rapport à la géolocalisation de l’utilisateur.

Vers le click & collect

Le dispositif se positionne comme un hub de l’offre en centre-ville, face à la tendance des grandes surfaces en périphérie, avec comme principal argument une réactivité que n’a pas le drive (livraison dans l’heure ; la demi-heure est visée pour certains produits).

Pour coller au style de vie des urbains, la livraison jusqu’à 22 h 30 est testée avec du stockage en chambre froide, à l’image de ce que le concurrent WITS propose par le biais des consignes Bluedistrib’ installées par Bolloré.

Finalistes des Grands Prix de l’Innovation de la Ville de Paris dans la catégorie « Urbains mobiles et connectés », epicery projette également une brique click & collect. On consultera, en référence, ses conditions générales de vente en vigueur au 25 mars 2017, pour se renseigner notamment sur les modalités de modification ou d’annulation d’une commande.

* Édouard Morhange est aussi à l’origine de l’ancienne agence marketing Nouveau Jour et de Storyplayr, bibliothèque d’e-books et de livres audio pour les enfants. Elsa Hermal, membre de Techstars, est une ancienne de Pernod Ricard.

Crédit photo : compte Instagram @epicery


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