MySQL face au défi de la crédibilité

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La base de données libre MySQL est fréquemment utilisée par les PME-PMI pour développer leur site Web ou leur intranet. Mais peut-elle remplacer les produits d’Oracle ou d’IBM dans le cadre d’applications plus complexes ?

La semaine dernière s’est tenue à San Jose, en Californie, la première conférence des utilisateurs de MySQL, base de données relationnelle Open source distribuée par l’entreprise suédoise éponyme. Lors de cette manifestation, celle-ci a lancé la version alpha de MySQL 4.1.0, dont la version définitive apparaîtra dans huit mois environ alors qu’un opus 5.0, résolument professionnel, est prévu six mois après. Car l’un des objectifs de cette réunion était de clairement positionner MySQL comme une alternative crédible aux produits des leaders du marché des bases de données : Oracle, IBM et Microsoft. Marché évalué par le Meta Group à 12 milliards de dollars et qui semblait en passe d’être verrouillé par ce trio. MySQL peut-il exister à leur côté ?

De fait, il y a désormais de nombreux utilisateurs de MySQL de par le monde, plus de 4 millions selon le distributeur, et 29 000 personnes téléchargent la base de données chaque jour. Elle est distribuée selon deux modes, sous licence GPL, c’est-à-dire gratuitement, à la condition de publier toute amélioration du produit, et en mode payant ? 440 dollars par serveur ? autorisant les entreprises à garder privées les modifications du code source. Toujours selon MySQL, il y aurait 4 000 clients payants dont certains prestigieux, comme Google, Yahoo ou encore Cisco Systems. L’autre source de revenus pour MySQL est, à l’instar des distributeurs de suites Linux, la prestation de services : support technique, maintenance, formation… Un modèle économique classique certes, mais qui n’a pas encore tout à fait apporté la preuve qu’il permet de bâtir une activité économique solide.

Le quatuor MySQL-Apache-PHP-LinuxJusqu’à ce jour, MySQL a surtout rencontré le succès auprès des PME-PMI et des organisations gouvernementales qui l’ont utilisé afin de développer des sites Web d’information ou des intranets, souvent en association avec d’autres logiciels libres comme le serveur Web Apache, le langage de script PHP et bien sûr Linux. Un quatuor réputé pour sa simplicité de mise en oeuvre, sa fiabilité et ses performances, sans parler de sa gratuité. Toute la question est de savoir si MySQL peut jouer un autre rôle dans le système d’information des entreprises. En tout cas, les dirigeants de MySQL n’envisagent pas, pour le moment, de concurrencer frontalement les produits des leaders du marché. Selon eux, MySQL n’a pas encore sa place dans les centres de données des entreprises mais plutôt à la périphérie de leur informatique dans le cadre d’applications utilisant les fonctionnalités les plus banalisées d’une base de données relationnelle. Pour y parvenir, le distributeur va développer des partenariats avec des éditeurs d’applications et d’outils d’administration, tout en enrichissant l’offre de services associée, de façon à crédibiliser encore plus son produit. Les responsables informatiques sont en effet conservateurs, soucieux avant tout de la pérennité de leurs investissements, ce qui les amène souvent à choisir les valeurs sûres de l’informatique au détriment de fournisseurs peut-être plus innovants ou moins chers, mais également plus fragiles.

Soutien de SunC’est pourquoi il faut à MySQL l’appui de grands fournisseurs informatiques. Un peu comme ce qui s’est passé avec Linux qui, après les premiers succès, a véritablement commencé à s’imposer dans les entreprises grâce à l’engagement d’IBM. Dans le cas de MySQL, il ne faut bien évidemment rien attendre d’IBM. En revanche, Sun Microsytems, qui était représenté lors de la conférence des utilisateurs, distribue le SGBD Open source sur certains de ses serveurs. Proche partenaire d’Oracle pendant longtemps dans le cadre de leur croisade anti-Microsoft, il se rapproche aujourd’hui de MySQL alors qu’Oracle mise sur Linux et les serveurs Intel pour s’imposer sur le marché des PME-PMI au détriment des serveurs Unix de Sun. En attendant de tailler des croupières aux grands SGBD, MySQL a au moins à son actif ce premier dommage collatéral.


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