NoosNet s’essaie à la télévision sur Internet

Mobilité

Actuellement en phase de démonstration, le câblo-opérateur Noos distribue des vidéos aux abonnés de son service Internet. Les débits proposés permettent d’atteindre la qualité VHS en RealVideo. A terme, NoosNet vise une offre similaire aux télés du Net. Un mélange des genres qui préfigure notre avenir en ligne ?

Mercredi 22 novembre dernier, c’est sur l’écran de leur ordinateur que les abonnés à NoosNet ont pu regarder, en vidéo haut débit, la soirée des MTV Europe Awards, l’équivalent européen des Victoires de la musique. Il leur suffisait de se connecter au site Noos et de cliquer sur le lien affiché en page d’accueil. NoosNet, la branche Internet du câblo-opérateur Noos (ex-Lyonnaise câble et filiale de Suez-Lyonnaise des eaux), a lancé une opération de vidéo haut débit sur son réseau Internet. Une opération de démonstration limitée, dans un premier temps, au réseau de la capitale et qui a enregistré pour son premier soir un millier de connexions pour environ 40 000 abonnés parisiens (plus de 50 000 au niveau national). Cette opération doit se poursuivre jusqu’à fin décembre de manière plus ou moins régulière : dessins animés de 10h à 21h mercredi 29 novembre, procès Barbie les 4 et 6 décembre, de nouveau dessins animés le 13 et clôture de l’expérience le 20 avec un film grec.

Une utilisation typique du multicast

L’offre de NoosNet s’appuie sur une technologie multicast qui repose sur une diffusion en directe et constante d’un flux de données sur lequel l’internaute vient se connecter. Contrairement à la technologie point à point qui divise par autant de connectés les capacités de diffusion du serveur, le multicast offre la même qualité de débit à tous les connectés. Un peu comme la télévision hertzienne. En revanche, le multicast n’offre pas la vidéo à la demande. Opérée par le prestataire Naimo, la vidéo était diffusée à 650 Kbits/s, pour obtenir une qualité équivalente au VHS, indépendamment des 512 Kbits/s du réseau. Ce qui permettait de surfer en parallèle de la diffusion afin, notamment, d’aller consulter en ligne les informations complémentaires que le programme audiovisuel ne manquait pas d’indiquer sous forme interactive. Encodée en RealVideo, la vidéo est visualisable sous Windows comme sous Mac.

De nouvelles chaînes Internet sur abonnement ?

Cette démonstration doit se concrétiser dans sa forme commerciale en février-mars 2001 par une grille de chaînes non encore définies mais de toute façon différentes des programmes “canapés” du câblo-opérateur. “Ce seront plutôt des chaînes de niche comme les informations financières ou les canaux de formation”, indique-t-on chez Noos. Une offre façon télés du Web mais en streaming qualité haut débit. S’il n’est d’ailleurs pas exclu de passer un partenariat avec un diffuseur Web, à ce jour, aucun accord n’est signé avec les éditeurs, ni même de grille tarifaire encore arrêtée. “Nous envisageons une facturation par abonnement aux chaînes”, nous dit-on chez Noos. Bref, si techniquement ça fonctionne, la mise en place du contenu comme du modèle économique est en cours de discussion. D’ailleurs, ce nouveau service n’a pas encore été baptisé.

En attendant, Noos s’applique à développer et fiabiliser les capacités de son réseau. D’ici 2002 à Paris (2003 en province), la plus grande part des câbles coaxiaux auront été remplacés par de la fibre optique et l’architecture arborescente va céder la place à des boucles, ce qui permettra d’assurer une continuité de circulation des données même en cas de rupture d’une branche du réseau.

Pour en savoir plus :

Le site de Noos


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