Nortel débranche l’Internet du réseau électrique

Régulations

Les projets de liaison Internet à haut débit accessible par les fils du réseau électrique ont suscité beaucoup d’espoir. Les perspectives se révèlent pourtant décevantes : Nortel et United Utilities mettent fin à leurs travaux face à l’essor de technologies concurrentes comme l’ADSL.

L’Internet ultra-rapide sur les câbles du réseau électrique actuel avait tout d’une bonne idée. Elle aura toutefois fait long feu si l’on se réfère à la décision de Nortel et United Utilities, qui mettent fin à leur projet commun. L’aventure démarre en mars 1998 lorsque les deux compagnies créent la joint-venture Nor.web afin de déployer la technologie Digital Powerline Technology (DPL)sur les fils du réseau électrique. L’objectif était de fournir l’Internet à haut débit au marché résidentiel de masse, et en premier lieu aux écoles ou aux petites entreprises. Les débits prévus étaient de l’ordre de 1 Mbps, soit 10 fois mieux que l’ISDN.

Le réseau électrique étant déjà en place, Nor.web considérait que les coûts pour l’utilisateur deviendraient inférieurs à ceux des autres technologies IP à haut débit. Malheureusement, après trois ans de développement et le feu nourri des critiques, Nortel et United Utilities ont conclu que les investissements nécessaires sont trop importants et que le marché a évolué, avec l’essor de l’ADSL notamment. Nor.web insiste sur le fait que cette décision est liée à des critères financiers et non techniques. Pourtant, des témoignages ont fait part de problèmes non négligeables. Des perturbations radio ont été constatées lors d’une expérimentation DPL à Manchester en Grande-Bretagne. On rapporte ainsi que des lampadaires implantés dans les rues se transformaient en émetteurs radio et menaçaient de brouiller les spectres de fréquence utilisés pour les communications des services publics. “Nous avons prouvé qu’il n’y avait aucune interférence“, défend toutefois Jane London, responsable marketing de la joint-venture.

L’arrêt des développements DPL intervient quelques mois après l’échec de Wind, la division de l’opérateur électrique italien Enel qui a également cessé sa collaboration avec le canadien Nortel (voir édition du 15 février 1999). Mais tout n’est pas encore perdu. Récemment, la société MediaFusion a annoncé qu’elle parviendra à acheminer des données, de la voix et de la vidéo sur les réseaux électriques traditionnels avec un débit de 2,5 Gbps (voir édition du 3 juin 1999).

Pour en savoir plus : http://www.unitedutilities.com


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