Numericable décolle grâce à la téléphonie, estime Screen Digest

Mobilité

Selon le cabinet d’études audiovisuelles, le câblo-opérateur doit rattraper son retard en matière de triple play par rapport à ses voisins anglais et allemand.

Le cas français est atypique selon un récent rapport de Screen Digest portant sur l’industrie du câble en Europe. D’un côté, le cabinet britannique spécialisé dans les études audiovisuelles estime que le câble “décolle en France sous l’impulsion d’un géant câblo-opérateur”. En l’occurence Numericable après le rachat de son principal concurrent UPC-Noos.

Fort de sa position quasi-monopolistique (95% des réseaux câblés de l’Hexagone) et de ses efforts pour moderniser ses tuyaux en pariant sur la fibre, le câblo-opérateur proposerait une offre triple play par câble “vraiment capable de rivaliser avec l’ADSL en France”.

Quand on se rappelle historiquement les déboires du plan Câble initié dans les années 80, c’est effectivement un sursaut inespéré. Un réveil en grande partie dûe aux efforts fournis par les fonds d’investissement Altice et Cinven qui ont unifié le paysage jusqu’ici écartelé du câble.

Mais, en guise de dommage collatéral, la réputation de Numericable a été entâchée courant 2007 par de graves dysfonctionnements portant sur son infrastructure technique et la gestion de la relation clientèle.

A la fin de l’année 2007, Numericable recenserait un million d’abonnés à l’offre combinant Internet et téléphonie. Selon le cabinet d’études, c’est justement ce dernier service qui décolle vraiment : +44% d’abonnés au service de téléphonie en 2007. Ce type d’offres représente 20 % des revenus du câble en France.

C’est moins convainquant sur le volet Internet (très) haut débit. Le nombre d’abonnés a augmenté plus lentement : + 12% en 2007. Un taux de croissance néanmoins plus rapide qu’en 2006, reconnaît Screen Digest. A la décharge de Numericable, il est vrai que son réseau ne couvre que 40% de la population. C’est pour cette raison qu’il mène actuellement des efforts pour compléter sa couverture avec des offres ADSL.

Retard français

Le dernier Observatoire du haut débit publié par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) relève 800 000 comptes Internet haut débit issus du câble au premier trimestre 2008, soit un peu moins de 5% des connexions broadband en France (la majorité reposant sur des accès ADSL).

Ainsi, la France connaît donc un retard dans l’adhésion au triple play par le câble : Ainsi, en Espagne et le Royaume-Uni, 80% des foyers câblés abonnés au téléphone et plus de 60% abonnés à l’internet haut débit.

Plus globalement, dans son étude paneuropéenne, Screen Digest estime que le câble “réussit enfin à s’imposer sur le marché très concurrentiel de la télévision payante” malgré l’intensification de la concurrence” : télévision sur IP, TNT, satellite…


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