Orange Vallée fait du Siri avec JukeVox

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Orange Vallée remet au goût du jour la symbiose entre synthèse et reconnaissance vocale, sous la forme d’une application mobile dénommée JukeVox. Pétillant dans une moindre mesure, le cocktail laisse à désirer.

Orange Vallée donne l’occasion aux smartphones d’exprimer de vive voix ce qu’ils exposent habituellement au seul regard de leurs détenteurs : SMS, courriels et flux d’actualités, humanisés au prix d’une alliance entre synthèse et reconnaissance vocale.

La dénomination de l’application qui en découle (JukeVox) suffit à annoncer la couleur d’une fantaisie qui réserve des surprises à quiconque s’y essaiera, moyennant un détour sur l’App Store (iPhone) ou l’Android Market.

Si le logiciel prône la gratuité, les détenteurs de terminaux Apple déploreront l’absence d’une segmentation pourtant bienvenue de l’unique offre, une version certes complète, mais inutilisable une fois écoulée la période d’essai.

Passé ces considérations économiques, force est de constater que la branche innovation d’Orange fait un sacré fromage d’un concept maintes fois revisité à toutes les sauces avec l’émergence des mobiles connectés.

Le rapprochement des âmes initié au cours de l’été avec la dénommée “lecture sociale“, l’opérateur poursuit son évangélisation des mobinautes, avec le concours d’une technologie que Siri a rameutée sous le feu des projecteurs, bien malgré elle.

Performante de longue date, la synthèse vocale s’allie à des algorithmes d’interprétation de la voix.

JukeVox, qui orchestre une restitution sonore de nombreux contenus textuels jusque sur les réseaux sociaux, procède également à leur rédaction, moyennant une dictée à un rythme sous-cadencé dont l’accélération est fonction d’un apprentissage automatique.

De quoi réconcilier certains frustrés du tout tactile avec des appareils qui délaissent de plus en plus systématiquement les claviers physiques pour offrir plus d’espace d’affichage dans un châssis au gabarit minimal.

Mais le paradoxe guette : quand bien même cet outil se veut social, il impose l’isolement comme seule issue.

Tout au plus l’usager des transports en commun peut-il se munir d’un dispositif à brancher sur la prise casque de son téléphone, l’intimité restant néanmoins condition sine qua non à la dictée de messages personnels.

Le hic tombe comme un cheveu sur la soupe ; Orange Vallée ne semble pas pour autant en avoir fait un dilemme.

L’intéressé coupe la poire en deux et reprend le credo d’une consultation de ses SMS et autres alertes dans les lieux publics, avant d’y apporter réponse éventuelle dans son véhicule ou à la maison.

Couplé à cette solution similaire dénommée Svox, le cocktail en est plus relevé. Le résultat reste toutefois décevant, voire hilarant, à des années-lumière du miracle technologique que vantent à tout va les éditeurs.

Aucune intonation, une voix chevrotante dénuée d’une intelligence particulière, une absence de prise en compte de la ponctuation, des caractères spéciaux retransmis tels quels (attention les smileys) : les griefs s’accumulent et JukeVox déchante.


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