Osmozis : le Wi-Fi en camping cherche une place en Bourse

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A travers Osmozis, on découvre un business technologique et rentable : la couverture Wi-Fi des terrains de camping. La société montpelliéraine vise Alternext.

(Update 23/12/16 à 12:00) Osmozis, opérateur de réseaux Wi-Fi multi-services dédiés aux campings et villages de vacances en Europe, veut entrer sur Alternext. Il vient de déposer un document officiel dans ce sens auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Ce projet IPO a pour objectif d’accompagner le développement de cette société dynamique installée près de Montpellier (Hérault). Les fonds récoltés pourraient notamment servir à des opérations de croissance externe. En l’état actuel, on ignore quel niveau de financement la société veut obtenir en Bourse.

Osmozis a un profil intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, son positionnement de marché est ciblé : les installations Wi-Fi pour l’hébergement touristique en plein air (terrains de camping, centres de vacances…).

La société revendique un parc installé de 17 692 bornes d’accès Internet couvrant plus de 200 000 emplacements (surtout en France avec une part de 20% de marché dans les campings mais aussi en Espagne et en Italie).

Elle cible davantage les terrains de campings gérés par des exploitants indépendants “soit 1000 sites opérés”, loin des réseaux des villages de vacances et résidences de tourisme de type Groupe Pierre & Vacances.

Outre l’accès Wi-Fi, Osmozis propose des services thématiques sans fil en mode outdoor comme la vidéosurveillance, une solution d’alerte sonore à déployer sur le terrain ou des modules de services d’animation ou de conciergerie numérique pour des prestations sur place (commander une pizza dans le restaurant du camping et régler par smartphone par exemple).

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La mascotte de la société

Technologie : priorité au WiFi maillée

La société dispose d’une expertise technique sur la technologie WiFi maillée (Mesh), basée sur la norme 802.11ac, qui permet de transférer en théorie des débits pouvant atteindre 1Gbit/s sur des liens dans la bande 5 Ghz. Une activité R&D qui entraîne quelques dépôts de brevets dans ce domaine.

Néanmoins, le parc client est aujourd’hui principalement équipé en bornes Wi-Fi répondant aux exigences de la norme 802.11n (technologie actuelle).

Les premières bornes utilisant la norme 802.11ac sont en bêta-test durant la fin d’année 2016 (environ une centaine de bornes) pour un déploiement commercial à partir de début 2017, est-il précisé dans le document intégral d’introduction en Bourse.

Osmozis a conçu la solution OsmoMesh, présentée comme “l’une des rares approches de maillage Wi-Fi qui combine un routage dynamique multicanal, un réseau d’antennes à directivité choisie et une gestion répartie multi-routeurs”. Et les bornes sont développées et fabriquées en France par les soins de la société.

Les trois piliers du comité de direction ont des profils d’experts techniques. Le P-DG Gérard Tremblay a un profil multi-casquettes : ingénieur, chercheur (dans la Silicon Valley pendant six ans), manager (chez Technicolor) et entrepreneur (création en 1999 d’une start-up dans le domaine de la web conférence cédée en 2003 à MeetingOne).

Un business rentable depuis sa création

Le modèle économique d’Osmozis repose sur des contrats de cinq ans signés avec les propriétaires des centres de vacances (installation, maintenance) qui génèrent des revenus récurrents (volume de consommation d’accès Internet sans fil croissante par les vacanciers, souscription d’abonnements forfaitaires par les exploitants) et suscite un faible taux de désistement.

Sur le front des indicateurs financiers, c’est rassurant. La société est “rentable depuis sa création” en 2005. Pour son exercice fiscal 2015-2016 (clos au 31 août), Osozis a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 8,2 millions d’euros (+29% en un an) et un Excédent Brut d’Exploitation (EBE) de 2,2 millions d’euros.

Le résultat net s’élève à 151 000 euros à la fin de ce cycle et l’endettement est “maîtrisé”.

La société, qui dispose d’un effectif de 61 personnes, a été développée essentiellement par autofinancement. Néanmoins des partenaires financiers ont pris des parts minoritaires entre 2009 (arrivée de SORIDEC) et 2014 (NAXICAP). 76% du capital est détenu par le management.

D’ici 2020, Osmozis compte afficher une volonté d’atteindre un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros et une marge d’EBE de 30% minimum (hors croissance externe).

Dans le document d’introduction, on découvre les noms de ces principaux concurrents sur son segment de marché du Wi-Fi au camping : Wifirst (groupe Bolloré) et Passman, qui réalisent une partie de leur CA dans “l’hôtellerie de plein air”.

Pourquoi le Wi-Fi devrait coûter moins cher dans les campings…à terme
L’extrait suivant du dossier d’introduction d’Osmozis explique pourquoi les vacanciers paient encore chère la connexion Internet sans fil sur les terrains de camping : “La généralisation du Wi-Fi gratuit conduit 35% des vacanciers à considérer que le prix du service d’accès Internet proposé est élevé. En effet, beaucoup d’hôtels ou de lieux réceptifs proposent des solutions gratuites et ont intégré le coût dans leur prix de revient.”
La situation semble évoluer dans le bon sens mais lentement au regard de “la croissance importante de l’offre Premium [d’Osmozis] qui permet à l’exploitant de site d’être libre de la tarification de la prestation Wi-Fi (en général, en choisissant cette formule, les campings offrent dans le forfait de location au moins un accès gratuit)”.
Néanmoins, on assisterait à un phénomène de rattrapage “plus lent à se mettre en place dans le monde des vacances en raison du surcoût des infrastructures en extérieur (outdoor) par rapport à l’intérieur de bâtiments (indoor) où le câblage est possible et où les solutions proposées sont donc plus simples”. A vérifier sur le terrain (de camping).

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