OVH : vers un actionnariat franco-américain

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OVH aurait choisi d’ouvrir son capital aux fonds américains KKR et Towerbrook, écartant l’offre déposée par la famille Mulliez via sa holding AFM.

Ça se précise concernant l’ouverture du capital d’OVH.

En mai dernier, on apprenait que la société de services Internet (hébergement, téléphonie, cloud…), qui dispose depuis sa création en 1999 d’un actionnariat familial*, avait retenu cinq offres sous la houlette de BNP Paribas.

L’une d’entre elles, franco-française, provenait de la holding AFM, contrôlée par la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan.

Les quatre autres étaient plutôt ancrées dans une stratégie internationale. Elles émanaient de Warburg Pincus, de Goldman Sachs, de la Caisse de dépôt et placement du Québec… et du duo KKR – Towerbrook.

OVH aurait retenu cette dernière option, à en croire Les Échos. Il est question d’une prise de participation à hauteur de 300 millions d’euros, valorisant l’hébergeur à 1,5 milliard d’euros, soit plus de 10 fois son Ebitda.

Les quatre membres de la famille Klaba (le père Henri ; la mère Aline ; les deux frères Miroslaw et Octave, ce dernier ayant lâché les commandes de l’entreprise début 2015 pour se concentrer sur la direction technique) conserveraient une part majoritaire au capital.

Le choix de fonds américains est probablement dicté par des questions stratégiques : OVH a de grandes ambitions sur place. Notamment la construction de datacenters à Portland (Oregon) et à Austin (Texas).

Une implantation aux États-Unis sous-entend une soumission au Patriot Act. Sur ce point, Octave Klaba confiait dernièrement à Silicon.fr qu’il faudrait « s’assurer que les agences gouvernementales […] ne viendront pas […] demander des données qui ne sont pas localisées sur place ».

Plus globalement, le défi est de s’adapter aux réalités et aux législations de chacun des pays d’implantation. En la matière, il y a du travail si on considère qu’OVH, qui exploite actuellement 17 datacenters, compte en construire une douzaine de plus dans des zones géographiques non couvertes allant de l’Allemagne à Singapour en passant par l’Australie.

* OVH a déjà recouru à plusieurs opérations de financement par le passé, dont, fin 2014, une syndication de crédits auprès d’un pool de banques, pour 267 millions d’euros.

Crédit photo illustration article : OVH RBX-5

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