Qobuz repris par Xandrie : qui se cache derrière cette société ?

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Le tribunal de commerce de Paris a ordonné la reprise de la plate-forme de musique numérique Qobuz par la société Xandrie. Éclaircissements.

La dernière opération de croissance externe du groupe Thébaud sur le marché de la culture et du divertissement digital n’est pas passée inaperçue et pour cause : elle porte sur Qobuz.

La plate-forme française de musique numérique avait enclenché une procédure de sauvegarde en août 2014, ayant les plus grandes difficultés à trouver des sources de financement.

Pendant la période d’observation, aucun plan de sauvegarde n’avait été présenté et aucun investisseur n’avait marqué concrètement son intérêt. Si bien qu’un redressement judiciaire avait été ordonné le 9 novembre 2015.

Les candidats à une reprise avaient une semaine pour déposer leurs offres. Après examen, le tribunal de commerce de Paris a donné, ce 29 décembre, le feu vert à une absorption de Qobuz  par Xandrie.

Quel lien cette société nommée en référence à la bibliothèque d’Alexandrie entretient-elle avec le groupe Thébaud ? Elle en est l’une des nombreuses filiales.

Son site Internet a été mis à jour pour refléter l’inclusion de Qobuz dans son catalogue de marques, aux côtés d’allbrary, un magasin de contenus en ligne qui réunit e-books, jeux vidéo, films et séries, partitions musicales et « créations digitales ».

Comme allbrary, Qobuz aura sa propre identité au sein de Xandrie, qui se dit « actuellement [engagé] dans un important processus d’acquisitions » pour « renforcer [son] expertise, [son] offre globale et [sa] vocation internationale ».

Si l’on en croit cette allusion à une « mutualisation des moyens et des équipes » entre les deux entités dans les fonctions supports (administration et finance, juridique, relations avec les ayants droit, systèmes d’information), il faut s’attendre à des réductions d’effectifs chez Qobuz, qui revendique actuellement une quarantaine d’employés.

Du côté de Denis Thébaud, on se contente d’évoquer « la sauvegarde de la majorité des emplois »…

konix-speedking
Innelec Multimédia exploite la marque Konix, à l’origine de périphériques de jeu bien connus dans les années 80-90.

Le P-DG de Xandrie a bien d’autres casquettes. Ainsi a-t-il orchestré la reprise de Qobuz avec sa holding d’investissement Nabuboto, étroitement liée au groupe Thébaud.

Il est aussi le fondateur de nombreuses sociétés dans lesquelles il a aujourd’hui différents niveaux d’implication : directeur général et président du conseil d’administration chez Innelec Multimédia (distribution multimédia), président du conseil de surveillance chez Focus Home Interactive (jeux vidéo ; coté sur Alternext Paris)…

Denis Thébaud a publié, dans l’après-midi du 30 décembre, son premier tweet : « Si heureux d’accueillir Qobuz chez Xandrie ! ».

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Le premier tweet sur le compte @xandrieSA n’est pas beaucoup plus ancien : il remonte au 25 décembre.

Le signe d’un nouveau dynamisme ? C’est ce que veut croire Yves Riesel.

Le cofondateur et président de Qobuz l’assure : « Au cours des trois dernières années, Qobuz n’a pas pu réaliser ses ambitions, parce qu’elle s’est débattue dans une grande précarité. Je crois que la sérénité que va lui offrir Xandrie lui permettra de démontrer son potentiel très rapidement ».

Basée dans le 19e arrondissement de Paris, l’entreprise fondée en 2008 mise sur le son haute qualité pour se différencier : l’ensemble de ses catalogues, majors et indépendants, sont disponibles en audio 24-bit.

Prévoyant un chiffre d’affaires de 7,4 millions d’euros sur l’année 2015, elle ne revendique toutefois « que » 25 000 abonnés, ce qui est bien peu pour se mesurer à des concurrents comme Deezer, Spotify ou Apple Music.

Crédit photo : Claudio Divizia – Shutterstock.com


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