René Trégouët interpelle France Télécom

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Pour le sénateur, France Télécom trompe les élus en incitant les régions à s’engager avec lui dans le déploiement de l’ADSL en zones rurales.

René Trégouët s’énerve contre France Télécom : l’opérateur historique “a tort de tromper ainsi les élus”, écrit le sénateur du Rhône dans sa lettre Art Flash du 6 mars 2004. Il fait référence à la stratégie du groupe de télécommunications de conquête des marchés régionaux à travers son initiative intitulée “Département Innovant” (voir édition du 6 janvier 2004). Ce plan tripartite entre France Télécom, la Caisse des dépôts et les régions vise à faciliter le déploiement du haut débit, notamment dans les zones rurales.

Une initiative bienvenue, donc, mais dont René Trégouët récuse la méthode. “Pensez-vous avoir bien agi, dans la durée, pour votre société commerciale, en pressant ainsi les élus à signer cette charte ? Je suis convaincu que vous avez eu tort et très vite, malheureusement, le temps nous en apportera la preuve”, écrit le parlementaire. Tout d’abord, le sénateur regrette que l’exclusivité d’exploitation induite par la charte que les régions signent avec l’opérateur amène les élus à “se transformer en amplificateurs d’affaires commerciales en faveur de [leur] seule entreprise”. Une politique réprouvée par la loi, selon le sénateur. “Si vous ne veniez pas à rectifier en profondeur votre démarche, le juge devrait inévitablement se prononcer”, écrit-il à l’attention des dirigeants de France Télécom.

Des investissements figés

Mais ce qui agace le plus l’homme politique est probablement la tromperie qui accompagne le plan de France Télécom. “[…] par votre démarche, vous voulez donner aux élus de France la certitude que l’ADSL répondra durablement aux attentes de nos concitoyens dans le domaine du haut débit”, écrit René Trégouët. “Cela est grave, car les chartes que vous incitez les départements à signer vont obliger les élus de ces territoires à ‘figer’ pendant plusieurs années tous les investissements dans des technologies alternatives (fibres optiques, BLR, Wi-Fi, etc.) sur lesquelles ils avaient parfois des projets déjà très avancés.” Le sénateur regrette que, à l’heure où certains de nos voisins européens s’équipent en 10 voir 100 mégabits, les régions françaises ne doivent s’appuyer que sur les seules offres de France Télécom. “Les élus de France prendront conscience, dans quelques années, combien aura été néfaste votre conseil de ne s’appuyer que sur un seul réseau alors que dans tous les autres pays développés des réseaux alternatifs permettront de faire jouer la concurrence et donc d’obtenir de meilleurs prix pour les usagers”, insiste le parlementaire.


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