Restructuration chez Alcatel-Lucent : la Ville de Paris met son grain de sel

Mobilité

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a écrit à Patricia Russo, DG
d’Alcatel-Lucent, pour lui faire part de ses vives inquiétudes en termes
d’emploi.

“L’ampleur des suppressions d’emploi que vous avez annoncées dans le monde entier, et en particulier en région parisienne, est un motif d’inquiétude pour vos salariés, pour les parisiens et pour tous les élus concernés.” C’est en ses termes que le maire de Paris Bertand Delanoë interpelle Patricia Russo, directrice générale de Alcatel-Lucent, à travers un courrier officiel. L’élu lui fait part de ses préoccupations à la suite à l’annonce du plan de suppression de postes mis en place par l’équipementier.

Le mois dernier, Alcatel-Lucent a en effet annoncé un vaste plan de restructuration qui provoquerait la suppression de 12 500 emplois dans le monde dont environ 1500 en France. Bertrand Delanoë a donc décidé de réunir le comité de vigilance pour l’emploi de la Ville de Paris, ce dont il informe la dirigeante dans son courrier. “Ce comité de vigilance donnera l’occasion aux élus de la ville, aux représentants départementaux des syndicats parisiens et à la direction d’Alcatel, que nous allons inviter à cette réunion, de faire le point sur la situation actuelle.”

Il est cependant difficile d’évaluer le degré d’influence dont bénéficiera ce comité face aux décisions de l’équipementier télécoms. Le maire de Paris rappelle malgré tout à Patricia Russo que la ville vient d’allouer au duo Alcatel-Lucent et SFR le marché de déploiement de 400 bornes Wi-Fi dans la capitale après la passation d’un appel d’offre.

Pressions pour suspendre la collaboration avec Alcatel-Lucent

“Cette attribution […] a marqué la qualité de votre offre, de vos produits et donc de vos équipes”, écrit Bertrand Delanoë, “c’est pourquoi il nous semble très important que par les décisions que vous serez amenés à prendre en matière d’emploi, votre entreprise vise à préserver ses capacités et ses potentialités.”

Pas question, pour l’heure, de retirer le marché Wi-Fi attribué. Même si des pressions existent dans ce sens : fin février, les élus communistes de la Ville de Paris avaient demandé dans un communiqué que le marché soit suspendu ” tant que ce groupe n’aura pas stoppé son plan social”.

“Il n’existe en effet aucune possibilité juridique de suspendre un marché une fois que celui-ci a été notifié à l’entreprise”, précise le service de presse de la Municipalité de Paris, contactée par Vnunet.fr. La résiliation du contrat, pour des motifs étrangers aux capacités de l’entreprise à honorer celui-ci, engagerait la municipalité à de lourdes indemnités et retarderait d’autant le projet de déploiement de hotspots Wi-Fi gratuits.

Sans compter qu’une telle décision n’aurait probablement aucune influence sur la mise en oeuvre du plan social du groupe industriel. Bref, la marge de manoeuvre de la Mairie de Paris semble plutôt réduite.


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