Sony qui rit, Sony qui pleure

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Le géant japonais alterne succès et douche écossaise en ce moment. D’un coté, les ventes de ses consoles PlayStation 2 sont bonnes et poussent Sony à aller plus loin sur l’Internet. De l’autre, un défaut sur cette même console l’oblige à rappeler les cartes mémoires permettant de lire les films en DVD.

Le constructeur Japonais Sony a dévoilé hier les grandes lignes de sa stratégie pour l’année fiscale 2000, orientant la société vers Internet et les réseaux à large bande. Cette annonce confirme le glissement progressif de cette société de l’industrie de l’électronique grand public vers la fourniture de services en ligne. Car si Sony réalise toujours une majeure partie de son chiffre d’affaires avec la vente de produits comme ses téléviseurs ou ses consoles Playstation, la firme japonaise a du mal à dégager de larges profits de ces secteurs d’activités. D’un autre coté, la transition vers les activités de services est déjà en marche depuis 1995, quand Sony est devenu fournisseur d’accès Internet au Japon. Depuis, les dirigeants ont multiplié les partenariats avec, d’une part, les opérateurs téléphoniques et, d’autre part, les fournisseurs de contenu. Sony est en effet allié avec plusieurs câblo-opérateurs japonais pour développer un réseau haut débit propriétaire. Réseau qui devrait servir aux possesseurs de Playstation 2, la console possédant un modem et un navigateur Internet.

Pour continuer dans cette nouvelle voie, Sony ne manque pas de projets. Sa stratégie s’oriente autour de trois grands axes. D’abord, faire de ses portails des points d’entrée incontournables de l’Internet haut débit. Cela passe par une filialisation de ses divisions Internet et leur entrée en bourse. Cet afflux de capitaux devrait permettre de proposer de nouveaux services à haute valeur ajoutée avec à la clé des profits substantiels. Deuxième axe, la fourniture de contenus. A travers ses divisions musicales (Sony Music), audiovisuelles (Columbia) et jeux vidéo (SCE), Sony compte bien être présent dans tous les domaines du divertissement sur Internet. Enfin, le troisième grand volet du projet Internet de la multinationale, c’est la banque en ligne (voir édition du 13 décembre 1999). Avec des alliances avec des institutions financières de grand renom comme la banque JP Morgan et la Sakura Bank, Sony compte bien s’imposer très tôt dans ce domaine qui va exploser dans les années à venir, malgré un manque d’expérience en la matière. Tout cette stratégie s’appuie sur un développement rapide de l’Internet haut débit à destination du grand public, avec comme cheval de Troie la Playstation 2.

La Playstation 2 qui donne dans le même temps de petits soucis à la firme nippone. Pour avoir voulu aller trop vite, un petit défaut s’est glissé dans la mécanique bien huilée de la Playstation 2. En effet, une simple manipulation sur un bouton permet de “dézonner” la console, qui peut alors lire des films sur DVD, quelle que soit leur provenance. Ce défaut a fait rué dans les brancards l’industrie du film et Sony a plié sous les pressions. Les 1,25 million de possesseurs de PS2 doivent donc renvoyer le logiciel (contenu sur une carte mémoire) permettant de lire les DVD. Gageons que seule une minorité d’entre eux se pliera aux desiderata d’Hollywood…


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