Tiscali/LibertySurf cherche le chemin de la rentabilité

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Le groupe Tiscali, qui réunit nombre d’acteurs de l’Internet et des télécoms, prévoit d’atteindre la rentabilité à la fin de l’année. Rentabilité qui repose essentiellement sur ses abonnés payants. Le groupe souhaite élargir ses source de revenus à travers des services payants comme le référencement et, bientôt, les pages personnelles. En revanche, les dirigeants confirment l’abandon de l’offre promotionnelle 50 heures à 98 francs mais évitent soigneusement toute augmentation des forfaits.

“Confirmation de notre place de numéro 2 et retour à la rentabilité”. Tel est l’objectif que s’est fixé Rafi Kouyoumdjian, PDG de Tiscali/LibertySurf France à l’occasion d’une conférence de presse en forme de bilan. Ce retour à la rentabilité, prévu pour la fin de l’année, serait le résultat d’une réorganisation interne du groupe en sept pôles d’activité qu’illustrent trois grands métiers : opérateur télécoms (accès Internet, mobiles et cartes prépayées, centre d’appels), groupe média (avec les marques Nomade.fr, Respublica.com, Chez.com Toobo.com et Monsieurcinema.com) et prestataire de services aux entreprises (à travers WorldOnline Business, LibertySurf Entreprises et Freesbee Pro). Réorganisation qui a permis des économies d’échelle, notamment en supprimant 35 % de la masse salariale du groupe en France, soit 250 personnes environ. Aujourd’hui, Tiscali France emploie 500 personnes environ. A terme, LibertySurf, WorldOnLine, etc., cèderont leur place à la seule marque ombrelle Tiscali.

Des pages persos bientôt payantes ?“L’essentiel de l’économie du groupe repose sur le réseau”, déclare Eric Denoyer, responsable du pôle télécoms. Autrement dit, les 300 000 abonnés payants. Leurs souscriptions génèrent plus de 60 % d’un chiffre d’affaires qui atteindra 1 milliard de francs fin 2001. Et avec ses 900 000 abonnés déclarés, le groupe revendique la place de deuxième fournisseur d’accès derrière l’indétrônable Wanadoo. En toute logique, LibertySurf ne revendique plus son rôle de FAI gratuit, au contraire. Si LibertySurf offre toujours un accès libre (l’internaute ne paye que les minutes qu’il consomme), il souhaite évidemment transformer ses abonnés “gratuits” en abonnés “payants”. Notamment en lançant, d’ici fin octobre, un programme de fidélisation (l’abonné gagnera des heures gratuites en surfant sur les sites du groupe) et des minutes gratuites de hotline pour les débutants. D’ailleurs, le “gratuit” n’est plus de mise pour les responsables qui estiment le public mûr pour la transition. Déjà Nomade.fr commence à faire payer ses référencements. Et les dirigeants du pôle Médias réfléchissent à un mode de consultation payant des pages personnelles.

Les forfaits épargnés

Côté accès, rien de nouveau depuis que LibertySurf s’est lancé dans le forfait (voir édition du 29 janvier 2001). Soit 35, 55 et 95 francs pour respectivement 5, 10 et 20 heures de consommation. Prolongée de trois mois, la promotion très attractive 50 heures à 95 francs sera définitivement arrêtée au 30 novembre prochain. “C’est une offre déficitaire”, avoue Caroline Puechoultres, directrice marketing et communication du pôle Accès. “Pour être rentable, il faudrait que la minute de communication coûte 3 centimes, or nous la payons environ 9 centimes aujourd’hui.” L’offre 50 heures sera remplacée par 30 heures à… 145 francs. Au delà, mieux vaut opter pour l’ADSL. Tiscali se concentre d’ailleurs sur l’extension nationale de son réseau ADSL aujourd’hui limité à Paris, Hauts-de-Seine, Lyon, Strasbourg et Lille. Et toujours avec un modem EICON, certes non reconnu par France Télécom, mais compatible avec les deux types de plaques ADSL du territoire (voir édition du 30 mai 2001). Mais aucune baisse de tarifs n’est envisagée avant le dégroupage effectif que Rafi Kouyoumdjian “n’attend pas dans l’immédiat”.

Bref, l’heure des comptes a sonné pour Tiscali France. Et si la restructuration permet d’atteindre l’équilibre, les bénéfices viendront visiblement des services payants. Contrairement à d’autres, le groupe évite cependant d’augmenter ses forfaits d’accès Internet, préférant se diversifier dans l’offre de services.


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