Trafic Internet : Jaguar Network ouvre un GIX à Marseille

Mobilité

L’opérateur marseillais ouvre un point d’échange de trafic Internet (GIX)
dans la cité phocéenne.

A l’heure où le trafic sur le réseau mondial ne cesse de croître, les acteurs de l’Internet doivent plus que jamais s’adapter en étoffant l’interconnexion de leur réseau au risque de voir émerger des incidents liés à l’échange de données (“peering”) pouvant avoir des répercutions techniques et économiques sur les utilisateurs comme ce fut le cas en février 2005 entre l’hébergeur OVH et France Télécom.

Pour pallier au manque de points d’interconnexion en dehors de Paris, la société Jaguar Network, fondée en 2001 par Kevin Polizzi et basée à Marseille, a décidé de lancer en mars 2006 un GIX baptisé Marseille Internet Exchange (MA-IX) aujourd’hui pleinement opérationnel. Reste aux grands opérateurs français de se rallier à ce nouveau GIX?Des discussions ont débuté dans ce sens.

“Si rien n’était entrepris, nous risquions une congestion du trafic à Paris, mettant en danger la stabilité globale du réseau”, explique Kevin Polizzi, directeur de Jaguar Network. “Le MA-IX est une alternative en province pour tous les fournisseurs de services Internet désireux d’améliorer la qualité d’accès à leur infrastructure sans passer par la capitale, synonyme pour beaucoup de coûts supplémentaires importants liés au transport des données” .

Le raccordement au GIX est gratuit et est déjà présent dans les POP de Marseille, Sophia-Antipolis et Nice, la société souhaitant l’étendre à terme sur tous ses points de présence déployés en région via son réseau de transport Ethernet longue distance.

La situation stratégique du MA-IX situé au carrefour de l’Europe et de l’Afrique du Nord (France, Italie, Espagne, Portugal, pays du Maghreb) amène plusieurs opérateurs italiens, espagnols et portugais à étudier déjà la possibilité de s’y connecter.

“Pour soutenir sa croissance et permettre de pérenniser son projet, Jaguar entend maintenir une politique d’investissement sur fonds propres pour développer son réseau et compte recruter deux nouveaux profils techniques avant la fin de l’année 2007”, conclut Kevin Polizzi.

Une centralisation dangereuse pour le réseau ?

SFINX, PANAP, PARIX, FREEIX, POUIX et FNIX6, sont les principaux noeuds d’échanges de trafic Internet en France avec une particularité : tous sont situés à Paris et sa proche banlieue.

Jusqu’à ce jour, on ne recensait que deux points de moindre importance en province : Lyonix à Lyon et Eurogix à Strasbourg, alors que la plupart des grands pays possèdent depuis longtemps plusieurs noeuds d’interconnexion dans différentes régions.

L’association Localgix milite depuis plusieurs années pour la promotion des infrastructures d’interconnexions locales et dénonce le “centralisme parisien” impliquant une instabilité de l’accès au réseau si une panne majeure devait intervenir.

Si l’on ajoute à cela les premiers déploiements de la fibre optique jusqu’au domicile et ses débits importants permettant des échanges très volumineux et une croissance notable du marché de l’hébergement en province, le développement de telles initiatives est désormais à prévoir pour préserver la qualité de l’accès et de l’échange de données sur la toile mondiale?


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