Trafic IP: Saint-Etienne se dote d’un Gix gratuit

Mobilité

Un opérateur Internet local annonce la mise en place d’un point d’échange de trafic Internet dans la ville-préfecture de la Loire.

(Article modifié à 17:19) L’Internet français se régionalise enfin. On observe le développement d’opérateurs locaux grâce à l’intervention de collectivités qui décident d’investir dans les secteurs des TIC*. Mais déployer des infrastructures neutres (c’est à dire laisser la liberté à tous les opérateurs de s’y raccorder) ne suffit pas. Il est nécessaire également de prendre en compte la vitesse de communication et de transmission des données.

Fort de ce constat, Phibee Telecom, un opérateur installé à Saint-Etienne (Loire) qui a été créé en 2003 par Delphine Schevingt, a décidé de lancer Phibix, un point d’échange de trafic Internet (Gix) dans cette agglomération.

“Ce Gix est gratuit et ouvert a tous”, se réjouit Jérôme Schevingt qui fait partie de la petite équipe de Phibee (et marié à Delphine Schevingt) . “Cette initiative a pour but de simplifier le transit Internet dans notre département. Un simple exemple, un client Phibee-Telecom devait remonter sur Paris pour redescendre ensuite sur Saint-Etienne afin d’atteindre Cornut Informatique [fournisseur stéphanois de services Internet]. Et dans les deux cas, cela consommait de la bande passante onéreuse”, explique le représentant de Phibee Telecom.

Techniquement le Phibix fonctionne au moyen de switchs Cisco 3500 qui sont hébergés dans la baie Phibee Telecom à Saint-Etienne au coeur la tête de réseau “Lotim”. Cornut Informatique, E-Liance/Equation et Phibee-Telecom sont les trois premiers opérateurs reliés à cette nouvelle plate-forme.

A noter que ce GIX fait également office de Network Access Point (NAP) permettant ainsi aux opérateurs de toute taille de vendre de la bande passante à un coût plus accessible qu’auparavant.

Les “gros” opérateurs absents

“Phibee-Telecom a annoncé depuis le début qu’il cèderait gratuitement et sans conditions les équipements et le PhibIX à la structure qui prendra le relais”, souligne Jerôme Schevingt.

Reste à savoir si les grands opérateurs et fournisseurs d’accès Internet nationaux seront intéressés par ces points d’échanges délocalisés. Pour Sylvain Vallerot, fondateur de l’association Gixe.net, “les gros opérateurs n’ont aucun intérêt à voir émerger des GIX régionaux car ceux-ci seraient à l’avantage de petit prestataires qui leur font directement concurrence ou leur échappent comme clients”. Avant d’ajouter : “Un GIX ne fait pas tout, et bien souvent, même un réseau d’initiative publique délégué ne suffit pas. Il faut accompagner les petits opérateurs pour les aider à créer des services localement.”

Dans la région Rhônes-Alpes, le Lyonix (Lyon) et le Cern Ixp (Genève) sont interconnectés depuis août. Ce qui pourrait préfigurer la création d’une zone d’échange de trafic Internet de plus grosse importance dans les années à venir. L’interconnexion du Topix (Turin) et du Phibix (Saint-Etienne) via Lyon seraient d’ailleurs actuellement à l’étude. Rappelons que, depuis le début de l’année, Marseille (Bouche-du-Rhône) dispose de son propre Gix (MAIX).

* voir sur le sujet l’interview de Jean-Jacques Lasserre, président du conseil général des Pyrénées-Atlantique, diffusé sur Vnunet.fr en juillet dernier.


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