UIT – Dubaï : Vinton Cerf s’inquiète pour la liberté du Net

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En pleine Conférence mondiale des télécommunications internationales, le père fondateur du Web tire la sonnette d’alarme.

Alors que l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) se réunit cette semaine, le père fondateur du web tire la sonnette d’alarme.

Vinton Cerf est l’un des grands noms que l’on associe à la création du Web.

Pour lui, “nous devons défendre la liberté sur Internet”, comme le rappelle le titre de sa tribune publiée mardi 4 décembre sur le site du journal “Le Monde”.

Motif de cette prise de parole du père fondateur du réseau ?

La réunion de l’UIT, organisation de l’ONU chargée des questions liées aux télécommunications et aux réseaux à l’échelle globale, qui se tient du 3 au 14 décembre à Dubaï.

Le co-créateur du protocole TCP/IP (avec Bob Kahn) s’inquiète et a donc pris le clavier pour alarmer l’opinion quant aux menaces que cette rencontre ferait peser sur la liberté du Net.

“Certaines propositions des Etats participant à cette réunion pourraient permettre à des gouvernements de justifier la censure d’un discours, voire même justifier la coupure d’accès à Internet grâce à quelques modifications du Règlement des télécommunications internationales (RTI)”, avance-t-il.

Plus grave encore, selon lui : “Plusieurs régimes autoritaires auraient même proposé d’interdire l’anonymat sur le Web, dans le but de faciliter la recherche et l’arrestation de dissidents.”

“Aujourd’hui, l’Internet libre et ouvert que nous connaissons est menacé, poursuit l’ingénieur. Sur 74 pays étudiés par l’Open Net Initiative, 42 filtrent et censurent des contenus sur Internet. Parmi les pays étudiés, ne figurent même pas les multirécidivistes tels que la Corée du Nord et Cuba.”

Et “Vint” Cerf de citer un autre chiffre alarmant : “Au cours des deux dernières années, divers gouvernements ont promulgué 19 nouvelles lois constituant une menace pour la liberté d’expression en ligne.”

D’après lui, donc, l’organe onusien “n’est pas le mieux placé pour prendre des décisions quant au futur de l’Internet. Car seuls les gouvernements disposent d’un droit de vote au sein de l’UIT, dont des gouvernements qui ne soutiennent pas un Internet libre et ouvert.”

Pour donner davantage de poids à son propos, il précise enfin : “Au total, plus de 100 organisations dans plus de 50 pays ont exprimé leur préoccupation face à cette réunion à huis clos qui se tient à Dubaï.”

Précisons que Vinton Cerf travaille aussi pour Google depuis 2005.

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Pascal Bories


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