Un middleware pour ‘mobiliser’ le système d’information

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A priori, ce sont les entreprises qui devraient en tout premier lieu bénéficier des réseaux mobiles de type GPRS afin de connecter leurs travailleurs nomades. Mais encore faut-il qu’elles disposent d’une offre logicielle permettant de “mobiliser” leurs applicatifs. C’est le secteur émergent du middleware mobile. Un secteur dans lequel Sybase, avec le rachat d’AvantGo, ambitionne de jouer les premiers rôles.

Après l’échec du Wap, la nouvelle génération de services Internet mobiles développée pour les réseaux GPRS connaîtra-t-elle un meilleur sort ? Difficile à dire pour le moment car peu de chiffres sont disponibles. Il y a cependant des indicateurs positifs. Ainsi, selon des données fournies par le Gartner Group, l’opérateur mobile néerlandais KPN Mobile, qui commercialise, à l’instar de Bouygues Telecom, des services i-mode dans trois pays (Pays-Bas, Allemagne et Belgique), revendique 100 000 clients fin 2002. Il affirme vendre actuellement plus de 1 000 terminaux i-mode par jour et prévoit d’atteindre 1 million de clients d’ici fin 2003. La réalisation de cet objectif dépend du succès que rencontreront les services en ligne – échanges d’images, jeux… – proposés au public. Et pour le moment, aucun opérateur ne peut se targuer d’avoir trouvé la recette magique.

En revanche, il existe bel et bien une population qui a un intérêt évident à utiliser les réseaux mobiles haut débit : ce sont les salariés nomades qui peuvent ainsi être reliés au système d’information de leur entreprise. C’est dans ce contexte et en visant cette cible que Sybase, éditeur notamment, via sa filiale iAnywhere Solutions, de logiciels destinés aux terminaux mobiles – il s’agit essentiellement d’un système de synchronisation de données et d’une base de données mobile ? rachète l’américain AvantGo pour 38 millions de dollars. Lequel a mis au point une technologie permettant de convertir du contenu publié sur le Web en un format adapté aux appareils nomades. En particulier, AvantGo est connu pour proposer un service gratuit, My AvantGo, fournissant du contenu tels que articles de presse ou cotations boursières que les utilisateurs téléchargent sur leur terminal mobile et consultent off-line. Ce service compte 7 millions d’abonnés. Le problème est qu’il n’a pas permis à AvantGo de mettre en oeuvre un modèle économique viable. Du coup, comme beaucoup de start-up Internet, AvantGo a décidé courant 2001 de recentrer son activité sur la fourniture de technologies aux entreprises. Un revirement trop tardif puisque l’éditeur n’a pas réussi à améliorer sa situation financière : il affiche une perte de 5,5 millions de dollars au troisième trimestre pour un chiffre d’affaires de 4,5 millions. D’ou le rachat par Sybase.

Un marché émergent

Le montant de l’acquisition, qualifié par le Gartner de “considérable” compte tenu de ses pertes, se justifie sans doute par l’expertise technologique qu’il a acquise dans le domaine émergent du “middleware mobile”. Un marché qui devrait peser 1,5 milliard de dollars à l’horizon 2007, selon IDC. Et tout l’enjeu sera désormais d’intégrer les produits d’AvantGo à ceux de Sybase afin d’aboutir, au plus tôt au troisième trimestre 2003 selon le Gartner, à la mise au point d’une plate-forme complète permettant aux entreprises de rendre “mobiles” leurs applicatifs. Car ce sont bel et bien les entreprises qui sont visées par cette opération. Du coup, on peut légitimement se demander quel sera l’avenir de My AvantGo, même si les dirigeants de Sybase se sont voulus rassurants.


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