Universal baisse les tarifs de ses CD audio

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Difficile de savoir si la baisse du prix des CD audio d’Universal Music Group convaincra les mélomanes de délaisser leur clavier pour se ruer dans les magasins. Mais l’initiative est louable… même si la disparition du support physique est programmée.

A partir du 1er octobre 2003, les mélomanes américains paieront leur musique un peu moins cher. Du moins, les CD audio édités par Universal Music Group (UMG), filiale de Vivendi Universal, qui a annoncé, mercredi 3 septembre 2003, son intention de baisser les tarifs de son catalogue. Les albums seront désormais commercialisés autour des 13 dollars (prix public conseillé) contre 17 à 19 dollars actuellement. Le prix des cassettes audio tombera lui à 9 dollars.

Par cette mesure, le groupe mondial espère “faire revenir les consommateurs dans les magasins et relancer les ventes”. Autrement dit, lutter contre le piratage de la musique en ligne. De Bon Jovi à Eminem en passant par U2, Mariah Carey, Elton John, John Coltrane, les Who, Jimi Hendrix…, UMG représente 30 % du marché musical américain. Le pari est risqué face à la simplicité qu’offrent les logiciels de peer-to-peer (P2P) comme Kazaa ou Grokster, par exemple, pour télécharger gratuitement toutes sortes de titres musicaux. Mais saluons l’initiative d’UMG dont les nouvelles offres tarifaires convaincront probablement une partie des pirates. Notamment ceux qui ont été échaudés par les attaques estivales de la RIAA (voir notamment édition du 20 août 2003).

Un marché en déclin constant

Cette initiative pourrait également être vue comme une expérimentation du marché face à la disparition programmée des supports physiques. Selon le cabinet d’étude Forrester Research, en 2008, 33 % des titres musicaux seront vendus en ligne tandis que les ventes de CD déclineront de 30 %. Le phénomène touchera également l’industrie cinématographique : la vidéo à la demande génèrera 1,4 milliard de dollars dès 2005 tandis que les DVD verront leur distribution baisser de 8 %.

Aucune annonce n’a été faite sur une éventuelle baisse tarifaire en Europe et notamment en France. Pourtant, la mesure pourrait sembler adéquate face à la baisse des ventes de 9 % estimée par le Syndicat national de l’édition phonographique pour le premier semestre 2003. Pour expliquer ce mauvais résultat, les représentants accusent l’échange de musique en ligne. Selon RetSpan, une association de lutte contre la piraterie sur Internet, le bilan pourrait s’alourdir et atteindre les 20 % de baisse pour l’année 2003. Toujours selon elle, plusieurs projets de mesures contre la piraterie pourraient voit le jour début 2004, au plus tard. La baisse du prix des CD en fera-t-elle partie ?


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