Vnunet TV : V. Reding (Commission européenne) : “Tirer l’Europe des télécoms vers le haut”

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Nouveaux réseaux d’accès, e-santé, BNE, Paquet Télécoms… Lors des Assises du numérique, la commissaire européenne es “Convergence” a fixé les priorités.

Viviane Reding a le don de refroidir l’ambiance dès l’introduction de son discours des Assises du numérique inaugurées le 29 mai dans l’enceinte de l’Université Dauphine (Paris, XVIème arrondissement).

Alors qu’Eric Besson, en qualité de secrétaire d’Etat en charge de l’Economie numérique, l’avait précédé à la tribune (voir vidéo), la commissaire européenne en charge des Médias et de la Société de l’Information (voire “de la Convergence” comme elle l’auto-proclame) ne mâche pas ses mots.

Ses premières remarques ne concernent pas directement le secteur des TIC en France. Elle rappelle que la Commission européenne vient de rappeler à l’ordre l’Etat français. Le gouvernement étant accusé de ne faire pas assez d’effort pour réduire l’endettement du pays, conformément au traité de Maastricht.

Fin de l’aparté. Retour à la dimension TIC. “Je vais vous parler sans détours des atouts et des handicaps de la France numérique”, commence Viviane Reding. “Le haut débit pour tous sera une priorité pour la présidence française de l’Union européenne.”

Pour découvrir la quasi-intégralité de l’intervention vidéo de Viviane Reding (23 minutes), cliquez sur l’image.

Pour les lecteurs souhaitant avoir une vue rapide de son intervention, Vnunet.fr vous propose une synthèse texte. La division Médias et de la société de l’Information de la Commission européenne prépare “un indicateur européen de performance pour le haut débit”. Sa première publication est prévue pour septembre. Les services de Viviane Reding préparent aussi une communication sur l’Internet et les réseaux du futur.

Autre chantier : la Commission européenne prépare une “recommandation relative aux traitements règlementaires pour l’accès aux réseaux nouvelle génération” (donc la 4G avec la norme LTE qui semble faire l’unanimité au sein des opérateurs) qui sera prête dans le courant de l’automne.

Outre la volonté de développer un marché unifié des contenus en ligne mais aussi une “signature électronique transfrontalière”, Viviane Reding a évoqué le domaine de la santé en ligne (“e-health”). Là aussi, ce thème fera l’objet d’une recommandation de ses services pour favoriser l’interopérabilité des données médicales informatisées dans l’Union européenne.

Un élément intéressant alors que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, s’est vue remettre mi-mai le rapport issu de la mission Gagneux pour la “relance du Dossier médical personnel (DMP)”.

Sans transition, Viviane Reding a abordé le développement de la Bibliothèque numérique européenne (BNE) : trois ans après le lancement du projet, Europeana, c’est le nom de la future BNE, verra le jour en novembre prochain. Dès son lancement, elle proposera 2 millions d’oeuvres en consultation libre.

Renvoyer l’Arcep dans les cordes

Autre extrait remarqué au cours de son intervention : la réglementation des communications électroniques qui va changer dans le cadre de la réforme Paquet Télécoms. Après le tarif des appels par itinérance (roaming), Viviane Reding s’attaque au SMS. “Les opérateurs européens ont jusqu’au premier juillet pour baisser le prix des SMS et les transferts de données. S’ils ne le font pas, je présenterai une réglementation”.

C’est de bonne guerre : Viviane Reding a répondu aux critiques de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) à propos de la création d’une structure type “super régulateur télécoms paneuropéen” jugé inadaptée. Une idée que Viviane Reding défend pourtant avec vigueur dans le Paquet Télécoms.

“L’association molle des régulateurs nationaux réunis au sein de l’European Regulators Group ne fonctionne pas”, assène-t-elle, citant le cas de deux “échecs” : les terminaisons d’appels mobiles (“résultat zéro”) et les tarifs d’itinérances roaming (“si la Commission européenne ne l’avait pas fait, personne ne l’aurait fait”). La cause est entendue : Viviane Reding n’a “rien à faire de trouver les plus petits dénominateurs communs”. “Je veux tirer l’Europe [des télécoms] vers le haut”, souligne-t-elle. A bon entendeur…


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