Les VTC veulent (encore) court-circuiter Uber avec leur propre plate-forme

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Sur fond de médiation avec le gouvernement, une plate-forme alternative pour les chauffeurs VTC va naître à l’initiative d’une organisation représentative.

« Ils ne veulent […] pas changer de métier mais juste vivre dignement » : la CFDT VTC-LOTI est formelle à propos des chauffeurs dont elle représente les intérêts.

L’organisation syndicale avait appelé, aux côtés des associations Actif-VTC, CAPA VTC et Unsa-VTC, à une matinée de mobilisation ce lundi 16 janvier.

Rendez-vous était donné place de la Bastille, à Paris, avec un objectif : « alerter sur cette paupérisation qu’est l’ubérisation, pour faire entrer le débat dans la campagne présidentielle ».

« Beaucoup d’entre nous […] ont accepté les règles des plates-formes et se sont endettés. Aujourd’hui, ces règles changent sans qu’ils n’aient [sic] leur mot à dire », affirme la CFDT VTC-LOTI, tout en maintenant son incitation à la « déconnexion massive » des applications.

Supprimer l’intermédiaire

Autre groupement à dénoncer les conditions de travail imposées par Uber et consorts : Alternative Mobilité Transport (AMT).

L’association, qui vient de souffler sa première bougie, tente le contrepied. Son président Joseph François annonce le lancement, « dans les prochains jours », d’une plate-forme « 100 % collaborative ».

La promesse pour les chauffeurs : une mise en relation directe avec les passagers… et aucune commission, de sorte qu’ils toucheront l’intégralité du montant de chaque course.

« Ce sera votre application. Ce sera à vous de réguler la situation », résume Joseph François – dont les propos sont consultables dans leur intégralité via la vidéo ci-dessous.

Le financement et le mode de fonctionnement feront l’objet de précisions autour d’une table ronde à laquelle les chauffeurs et les associations sont invités à participer le 20 janvier, « afin de construire l’après-Uber ».

« Same player shoot again »

Difficile de ne pas se rappeler, dans le fond comme dans la forme, VTC Cab, lancé à l’automne 2015 par un groupement de chauffeurs travaillant ou ayant travaillé pour Uber. La plate-forme américaine venait d’annoncer une baisse de 20 % de ses tarifs sur le service uberX (chauffeurs professionnels avec berlines) à Paris et en banlieue.

Sous-traitée à l’éditeur Multi Brains basé en Biélorussie et spécialisé dans le secteur des transports, l’application a depuis lors été rebaptisée Freecab. Elle vise toujours à mettre en relation les VTC de France et les clients sans l’intervention d’une entreprise privée. À son actif, entre 5 000 et 10 000 téléchargements.

Du côté d’AMT, on officialise aussi la création, avec des entreprises et des chauffeurs indépendants, un Groupement d’intérêt économique (GIE) susceptible de répondre aux appels d’offres publics et privés.

L’initiative est présentée comme une « source de revenus complémentaires » pour les acteurs du secteur. Deux cabinets d’avocats ont été mandatés pour mettre en place la structure juridique.

Réunions séparées

Les discussions avec le gouvernement se poursuivent en parallèle.

Nommé le mois dernier sur fond de mouvements répétés des VTC, le médiateur Jacques Rapoport a fait part, en date du 6 janvier, de son intention d’organiser de nouvelles rencontres.

La première, organisée le 10 janvier, portait sur l’évolution du secteur à l’horizon 2020. Les plates-formes y ont réaffirmé la « pertinence » du modèle actuel pour répondre à la demande et donner aux chauffeurs « de l’autonomie dans le choix de leur rythme et leurs horaires de travail ».

Les organisations représentatives des chauffeurs ont été reçues le lendemain. Il a, entre autres, été question de la représentativité desdites organisations. Plusieurs critères ont été définis, dont l’ancienneté, le nombre d’adhérents et la capacité à négocier avec les autres parties prenantes.

Chauffeurs et plates-formes ne seront réunis que lorsque la réflexion sera « suffisamment aboutie ».

Le médiateur rend compte de l’avancée du dialogue sur un blog ouvert pour l’occasion. L’un de ses premiers constats aura été que « pour maintenir son revenu, il faut qu’un chauffeur VTC sache jongler avec les plateformes, les horaires, un peu de clientèle privée [et] un peu d’Uberpool [sic] parfois ».


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