Y. Nouailhetas (Devolo): “Le CPL a dépassé le stade du marché de niche”

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Après avoir touché le grand public, le spécialiste des solutions de courants porteurs en ligne s’affiche au salon IP Convergence pour toucher les PME.

C’est une certitude chez Devolo : le Courant porteur en ligne (CPL) ou le fait d’apporter l’Internet haut débit à travers la prise électrique réserve de belles surprises dans l’équipement en réseau des foyers numériques.

Le spécialiste des solutions CPL fondées sur le standard HomePlug (en cours de certification IEEE), d’origine allemande, devrait réaliser un chiffre d’affaires 70 millions d’euros en 2008. Il réalise 30% de son business en France. Devolo a confié à une structure commerciale de quatre personnes le soin de développer ses activités dans l’Hexagone.

Pour la première fois, Devolo est présent au salon professionnel IP Convergence (qui se déroule jusqu’au 23 octobre Porte de Versailles à Paris) pour toucher les PME. Rencontre avec l’un des principaux responsables de vente de la branche française. (Interview réalisée le 21 octobre 2008)

Vnunet.fr : Considérez-vous le CPL comme un marché de niche ?
Yves Nouailhetas : C’est exactement l’image que je combats. Selon GfK, nous représentons 70% tous business confondus en CPL. Le marché est très dynamique, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. Passer de 0 à 20 millions d’euros en quatre ans, ce n’est pas si mal. Nous allons vendre trois millions d’adaptateurs en Europe cette année. L’Allemagne et la France sont les deux gros marchés du CPL en Europe. Au regard de notre croissance actuelle, Devolo pourrait afficher un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros à l’horizon 2011, avec un marché français qui pourrait peser 40 millions. Je suis sidéré par les résultats de certains opérateurs que je ne peux pas nommer : ils nous vendent 10 000 kits par semaine.

Vnunet.fr : quelle réputation traîne le CPL ?
Yves Nouailhetas : A l’origine, nous pouvions être gênés par les performances ou le prix de nos produits (14 Mbit/s pour 200 euros il y a quatre ans). Depuis, notre prix a été divisé par deux et les performances multipliées par 15 (200 Kbit/s, 120 euros maintenant). Nous voulons sortir du cercle restreint des clients avertis au fait des nouveautés informatiques pour séduire un plus grand public. Nous avons un très gros déficit de communication.

Vnunet.fr : Quels avantages pourriez-vous mettre en avant avec le CPL ?
Yves Nouailhetas : La facilité d’installation avec zéro connaissance informatique. Aussi simple de que branche un appareil à une prise de courant. Les produits se mettent à renifler entre eux de manière automatique. Et cela marche quasiment à coup sûr avec toutes les installations électriques. On peut trouver des exceptions avec des câblages vieux et tortueux. Orange nous crédite d’un taux de réussite d’installation de 98%. Tandis que l’on observerait un taux d’échec de 30% avec le Wi-Fi. A part le câble, je ne vois pas quelle autre technologie est aussi simple d’accès. De plus, la couverture de diffusion est large. Une centaine de mètres à partir d’un réseau électrique.

Vnunet.fr : Justement, qui sont vos plus grands prescripteurs ?
Les ventes restent tirées par des spécialistes comme Orange ou Canal Plus qui vont utiliser nos produits pour la télévision sur IP. Ils diffusent de la vidéo en streaming entre la box, le point d’accès satellite et le téléviseur. Ces vendeurs n’ont rien trouvé de mieux que le CPL pour cet usage. Le Wi-Fi, cela ne tient pas du tout. C’est là où l’on atteint les limites du Wi-Fi. La beauté de notre service, c’est que nous nous appuyons sur le câblage robuste existant, tout en tirant profit du Wi-Fi. Finalement, on observe un dévoiement de l’usage du Wi-Fi, à l’origine dédié à la mobilité et pas pour faire du sans fil à l’intérieur des maisons.

Vnunet.fr : Le CPL reste limité à l’indoor (équipement des foyers). Le marché est forcément plus restreint, non ?
Yves Nouailhetas : C’est vrai que nous nous cantonnons à l’indoor mais cela ne nous dérange pas. Bien au contraire. Nous voulons que les consommateurs gardent cette idée en tête. L’indoor est un marché colossal. Selon GfK, sur la communication indoor entre équipements, nous représentons 5% de la communication tous confondus au sein des foyers (à côté du networking et du Wi-Fi). D’ici quatre ans, nous pourrions représenter 30% des équipements vendus. Un équipement sur trois serait connecté en CPL à cette échéance. Cela concernera l’informatique mais aussi la domotique.

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