YouTube : une institution culturelle vérolée selon la Hadopi

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Une étude de la Hadopi conclut à la diversité culturelle de YouTube, mais aussi à la généralisation d’une offre illégale de contenus, entre clips musicaux non officiels et films segmentés en plusieurs parties.

YouTube, une institution culturelle, mais aussi un repaire de pirates ?

Ainsi s’expriment les conclusions nuancées d’une étude (document PDF) menée par la Hadopi sur un échantillon de 3323 vidéos publiques.

Via son département Recherche, Études et Veille (DREV), la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet souligne la diversité des contenus accessibles sur la plate-forme américaine propriété de Google.

Mais elle pointe aussi du doigt le fleurissement d’une offre illégale, qui concerne majoritairement la musique, mais aussi les films, les séries et dans une moindre mesure, les livres audio.

YouTube contenus

Voué à s’étendre à l’occasion d’une réactualisation prévue pour cette année, le périmètre de l’étude se limite initialement à YouTube, le service de streaming vidéo qui génère le plus d’audience en France, avec près de 30 millions de visiteurs uniques au mois de janvier.

Une hausse de fréquentation qui reflète une évolution de l’offre d’un point de vue quantitatif, mais aussi qualitatif : les vidéos amateurs ne représenteraient plus que 22,6% des contenus.

Sur une dynamique, les programmes audiovisuels issus des médias (radio, TV) constitueraient 22,18% des vidéos.

L’autre progression remarquable est à mettre à l’actif des publicités (12,82%), plus nombreuses que les tutoriels (6,17%) et les expressions d’opinions – cours magistraux, conférences et discours (5,75%).

L’audience se porte essentiellement sur les clips musicaux, dont la popularité est telle qu’ils captent plus de 40 000 vues par jour, en ne constituant que 13% des contenus.

Mais il est difficile de cerner leur licéité : sur les 432 éléments analysés, tout juste un quart sont mis à disposition par les comptes officiels d’artistes, de sociétés, de maisons de production et d’organismes de diffusion.

Le reste se partage entre des clips “live” non officiels (21,06%), des versions avec vidéos non originales (28,70%) ou encore des pistes audio non authentiques (5,56%).

L’offre légale reste néanmoins la plus populaire, à plus de 110 000 vues par jour.

A contrario, la seule autre catégorie à dépasser le seuil des 10 000 vues est celle des “parties de films” qui, visionnées à la suite, permettent de reconstituer l’intégralité d’une oeuvre…

Le rapport LinkStorm émis la semaine passée (document PDF) se montrait tout aussi alarmant à l’encontre de l’offre légale, piteusement référencée dans les moteurs de recherche face aux sites illégaux.

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Crédit photo : scyther5 – Shutterstock.com


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