Celeste teste l’éligibilité fibre optique pour le compte des entreprises

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Cet outil en ligne s’appuie sur les réseaux des infrastructures des
collectivités locales. Utile pour cet opérateur qui se lance dans des offres
FTTB.

On peut bien tester l’éligibilité d’une ligne à l’ADSL. Alors pourquoi pas la fibre optique. C’est le service que propose Celeste, un spécialiste français dans les services télécoms comme les VPN sur réseaux privés (ADSL et SDSL) à destination des entreprises.

La saisie d’un simple numéro de téléphone (le numéro principal de l’installation) sur le site Internet de l’opérateur suffit à vérifier si l’entreprise se trouve dans un département couvert par un réseau fibré. Une première apparemment dans le domaine des réseaux optiques émergents même si l’outil de base n’offre pas une précision absolue.

Manche, Nord, Gironde, Pyrénées-Atlantiques, région Parisienne, Corse… Celeste couvre 40 départements en fibre optique (sur les 90 que compte la France métropolitaine). « Nous nous appuyons sur les réseaux des délégations de service publique », explique Nicolas Aubé, le dirigeant de l’opérateur et gérant associé.

Depuis le vote de la loi sur la Confiance dans l’économie numérique en 2004, les collectivités territoriales ont la possibilité d’adopter le statut d’opérateur de réseaux de communication électronique. Généralement, elles préfèrent développer cette activité sous la forme de délégation de service publique (DSP) pour plusieurs années (15 ou 20 ans le plus souvent).

Des ressources clairement sous-exploitées, selon le point de vue de Nicolas Aubé. « On rencontre tous les départements. Certains ont déployé leur réseau depuis 2 ou 3 ans mais les entreprises ne suivent pas. »

Celeste a donc profité de cette inertie pour structurer une offre fibre optique en direction des entreprises, qu’il a lancée fin février . L’opérateur rencontrerait un vif intérêt auprès de prospects. « Entre hier et aujourd’hui, nous avons reçu plus de 400 demandes « , confie le responsable, « nous espérons avoir entre 200 et 300 entreprises raccordées d’ici la fin de l’année. »

« Avec la fibre, ça ne plante pas »

L’offre fibre optique de Celeste s’appuie sur une architecture de type Fiber To The Building (FTTB). « Nous assurons le cheminement de la fibre jusqu’au bâtiment où un réseau généralement en cuivre prend le relais jusqu’à l’infrastructure informatique de l’entreprise », explique Nicolas Aubé.

Des travaux de génie civil se révèlent donc souvent indispensables pour apporter la fibre entre la tête de réseau de la DSP et l’immeuble de l’entreprise. « Au-delà de 200 mètres de distance, les coûts deviennent trop chers », prévient le dirigeant. Certains départements prennent cependant en charge le déploiement, ajoute-t-il.

Si l’offre de Celeste peut monter jusqu’à 1 Gbit/s en matière de débit, la bande passante n’est pas le principal intérêt de la fibre. « C’est la fiabilité », affirme le porte-parole de l’opérateur. « On peut faire passer une centaine de postes en voix sur IP sur du SDSL à 1 Mbit/s mais si le réseau tombe, l’entreprise perd son système de communication. Avec la fibre, ça ne plante pas, la communication est instantanée et les débits sont garantis. «  D’ailleurs, selon Nicolas Aubé, les demandes des entreprises se positionnent sur du 10 Mbit/s en moyenne.

Les tarifs varient selon les départements où chaque DSP est libre de fixer ses conditions d’exploitation. Pour du 10 Mbit/s, les prix démarrent à 400 euros par mois dans la zone de la petite couronne parisienne (la plus rentable par sa densité du nombre d’entreprises) à plusieurs milliers d’euros en Corse (zone la plus onéreuse), selon Nicolas Aubé. Soit près du double d’une solution SDSL chez Celeste.

Créée en 2001, l’opérateur, installé à Torcy (Marne la Vallée), prévoit un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros en 2007 contre 1,2 million en 2006. « Notre CA progresse chaque année de 50 %. » La nouvelle offre fibre optique devrait maintenir, voire accélérer, le rythme de progression.