Digital Worlkplace : pourquoi Chromebook est une alternative

Poste de travail

Le terminal léger imaginé par Google ne parvient pas à bousculer la domination du modèle PC sous Windows. Pourtant, l’offre s’est régulièrement enrichie pour mieux répondre aux besoins des entreprises.  

Le Chromebook fête ses 10 ans. Ce concept de client léger basé sur Chrome OS se pose comme une alternative crédible, alors que les entreprises exploitent de plus en plus d’applications SaaS et cherchent à moderniser leur digital workplace.

Chrome OS bénéficie aujourd’hui d’applications natives via le Google Play Store, de la capacité de faire tourner des applications Windows grâce à la virtualisation.

Totalement full cloud à l’origine, le concept a quelque peu été adapté aux besoins réels des entreprises.

Chrome OS bénéficie aujourd’hui d’applications natives via le Google Play Store, de la capacité de faire tourner des applications Windows grâce à la virtualisation et d’un programme d’applications Chrome Enterprise Recommended : Docusign, Salesforce, Slack, Zoom, VMware, Citrix…

Veolia et Decathlon ont choisi Chromebook 

À l’échelle mondiale, le marché du Chromebook est tiré par le secteur de l’éducation, avec une domination de Chrome OS aux États-Unis dans les établissements K-12. Ce n’est pas le cas en France où le souci de souveraineté des données freine l’essor de l’écosystème Google dans nos institutions.

« En France en particulier, l’essor du Chromebook est un peu différent de ce qui s’est passé aux États-Unis », note Frédéric Stojicevic, Chrome OS Evangelist, fondateur de Chromebook Live & Tech Live et fondateur de Blicom : « Ici, le marché entreprises s’est intéressé le premier au Chromebook, notamment suite à la success-story Veolia. De même, Decathlon a déployé plus de 5 000 Chromebook dans ses magasins, c’est-à-dire à destination de ceux que l’on appelle les frontline workers, les employés de terrain. »

Didier Bove, Group Chief Information Officer chez Veolia

Veolia reste la référence du Chromebook en France. Didier Bove, Group Chief Information Officer chez Veolia, fait le point sur ce déploiement unique : « Environ 32 000 Chromebook sont actuellement déployés chez Veolia, soit 30 % du parc global de postes de travail. La distribution, selon les pays, est hétérogène, car l’usage du Chromebook est le marqueur de l’ambition de notre  SI : un parc applicatif orienté Web, compatible SATAWAD (Secure, Anytime, Anywhere, from Any Device), accessible depuis un simple navigateur et lié à une identité numérique d’entreprise. »

Le siège de Veolia est aujourd’hui équipé à plus de 90 % de Chromebook.

Plus facile dans l’écosystème Google ?

Outre Veolia, Google a pu convaincre quelques autres grandes entreprises à rallier son écosystème Chromebook, mais on est loin d’une vague de fond qui verrait les entreprises quitter Windows pour Chrome OS.

« Un client qui est déjà déployé sur Google Workspace et qui a déjà fait le choix d’héberger ses données chez Google Cloud aura une plus grande facilité à élargir le spectre de solutions « Made by Google » dans son système d’information », souligne Frédéric Stojicevic. « Il est difficile d’affirmer que le marché du Chromebook va accélérer. L’existant Windows reste fort dans les entreprises françaises et un grand groupe ne peut décider de basculer sur Chrome OS du jour au lendemain. »

La virtualisation permet de lever certaines incompatibilités logicielles, mais son recours pose la question du coût. « Pour les applications Windows difficiles à remplacer, les solutions de virtualisation de type Citrix Workspace, VMware Horizon existent sur Chrome OS, de même que Cameyo qui permet d’insérer l’icône des applications Windows dans le lanceur d’applications sous la forme d’une PWA, une Progressive Web App, ce qui améliore grandement l’expérience utilisateur. »

Covid vs Chromebook

On a assisté à une spectaculaire augmentation des ventes de Chromebook suite aux épisodes de confinement. Selon Canalys, les ventes se sont accrues de 35 % au quatrième trimestre et de 275 % (!) au premier trimestre 2021, avant de retomber en fin d’année.

Après un pic de ventes auprès du système éducatif et des particuliers entre fin 2020 et mi-2021, les ventes du terminal se sont effondrées.

Le Chromebook a su prouver sa pertinence dans le cadre du travail hybride, avec absolument aucun souci de gestion du parc à distance, de sécurisation de ces postes qui sont nativement protégés par Google. En outre, Google a introduit le concept de ZTE (Zero Touch Enrollment) qui permet de faire livrer les Chromebook directement aux futurs utilisateurs par le grossiste sans nécessairement transiter par la DSI de l’entreprise.

Une notoriété à conquérir

La console d’administration Google permet de gérer l’accès à Google Workspace, les Chromebook, les équipements de visioconférence, et offre une granularité des rôles pertinente en environnement entreprise, avec la capacité d’attribuer des règles de déploiement spécifiques à différentes unités/fonctions.

Si le Chromebook marque des points auprès des frontline workers, cette vision du terminal léger ne s’est pas encore imposée face à Microsoft Windows et macOS. 

Le Chromebook est encore mal connu du grand public et considéré comme un terminal low cost par les cols blancs. De même, l’image écornée des GAFA pour la protection des données personnelles a de quoi réfréner les envies de changement des ComEx .

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