Conduite autonome : Oryx pourrait changer la donne

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Oryx Vision pourrait devenir un acteur clef du marché des voitures autonomes. La start-up israélienne, qui a développé une solution alternative au LiDAR, a levé 17 millions de dollars.

Formée d’une équipe israélienne de vétérans de l’industrie high-tech, Oryx a levé 17 millions de dollars. Avant cela, la société n’avait été financée qu’à hauteur de 300 000 dollars, de la part de business angels.

Il s’agit d’un tour de table en échange d’actions de Series A mené par Bessemer Venture Partners (BVP), comprenant également comme investisseurs Maniv Mobility et Trucks VC. Dans le cadre de cette levée de fonds, Adam Fisher de BVP rejoint le conseil d’administration d’Oryx, précise le communiqué.

La start-up israélienne a développé une solution de détection de la profondeur pour les véhicules autonomes radicalement différente du LiDAR (Light detection and ranging), appelé également télédétection par laser.

Les véhicules autonomes nécessitent une vue 3D en temps réel de l’environnement. La plupart des solutions actuelles de détection de la profondeur se basent sur des appareils de type LiDAR. Ces derniers envoient des trains d’impulsions laser tout en tournant sur eux-mêmes pour couvrir l’environnement à 360 degrés.

Les ondes réfléchies par l’environnement sont détectées par des capteurs photoélectriques permettant de créer une carte 3D de l’environnement de la voiture. La méthode s’avère complexe et onéreuse.

C’est la raison pour laquelle Oryx a développé une technologie alternative. La solution consiste à envoyer des ondes dans le domaine de l’infrarouge. Plutôt que d’effectuer une incessante rotation, le système envoie en une seule fois (pour une image) la lumière à 360 degrés. Réfléchie, elle est ensuite captée grâce à une matrice d’antennes.

L’innovation d’Oryx repose dans ces nano-antennes d’un diamètre de seulement 5/1000ème de millimètre.

Avec les nano-antennes, il s’agit d’appliquer le principe des antennes utilisé pour les ondes radio à l’optique. On est en présence d’antennes à l’échelle de la molécule capables de capter la lumière.

Cette innovation pourrait permettre de baisser le prix des systèmes de détection de la profondeur et, de ce fait, des véhicules autonomes.

«Les véhicules autonomes ont besoin de capacités de détection de profondeur beaucoup plus puissantes que ce que l’on pensait à l’origine ; les technologies existantes ne peuvent tout simplement pas les assurer », a déclaré Rani Wellingstein, P-DG d’Oryx.

«Nous avons adopté une approche complètement différente de détection artificielle de la profondeur et avons réussi à créer une solution qui va vraiment permettre la conduite autonome. »

Oryx a été fondée en 2009 par David Ben-Bassat, un expert mondial dans le domaine de l’opto-électronique qui avait auparavant créé la société RFWaves avant de la vendre à Vishay.

La start-up a ensuite été rejointe par Rani Wellingstein, entrepreneur à l’origine de la société Intucell cédée à Cisco en 2013.

Oryx va utiliser le montant de cet investissement pour accélérer son expansion et recruter de nouveaux ingénieurs, physiciens et informaticiens. Avec une solution disruptive dans un marché en devenir, Oryx pourrait endosser le rôle de « game changer ».

Jusqu’à présent, le marché a tablé sur le LiDAR. Spécialisé dans ce type de système radar, la startup israélienne Innoviz a ainsi levé 9 millions de dollars en août dernier. Ford, en partenariat avec Baidu, a investi dans la startup Vélodyne, également à l’origine d’un LiDAR.

Tant et si bien que le marché du LiDAR pourrait représenter 3,22 milliards de dollars d’ici 2022, si l’on en croit Markets and Markets. Mais, ces projections ne prennent pas en compte l’arrivée d’une solution alternative, comme celle d’Oryx.

(Crédit photo : @Uber)


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