Fibre optique : l’ARCEP révise à la baisse le besoin de financement

Mobilité

Selon le régulateur des télécoms, il faudra 21 milliards d’euros sur 15 ans pour aboutir à une couverture totale de la population en fibre. Si la collaboration se révèle efficace entre les opérateurs et collectivités.

Le déploiement de la fibre optique coûtera “environ 21 milliards d’euros sur 15 ans”.

C’est la dernière estimation réactualisée de l’ARCEP délivrée jeudi par son président Jean-Ludovic Silicani à l’occasion  des journées internationales de l’Idate.

Jusqu’ici, on évoquait plutôt 24 milliards d’euros en guise de repère. Sachant que les opérateurs télécoms ont déjà investi deux milliards d’euros dans les plus grandes zones urbaines.

Il faudra ensuite transformer ce vaste chantier réseaux qui reste à transformer en succès commercial (on n’en est pas là).

Le besoin de financement de 19 milliards d’euros devra “se répartir entre les acteurs privés et publics selon une proportion qui va assez vite se préciser, mais sans doute à part à peu près égales”, considère l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes.

La semaine a été marquée par l’accord de co-investissement Orange – SFR dans le déploiement du très haut débit pour les zones urbaines moyennement denses (Orange et Free avaient conçu un montage similaire dans le courant de l’été).

Les deux principaux opérateurs français comptent tirer la fibre dans 60% des logements d’ici 2020.

Cette couverture devrait “représenter 30% environ des 21 milliards d’euros nécessaires à une couverture complète du territoire”, considère le régulateur des télécoms.

Le régulateur considère qu’il constitue un coup d’accélérateur si les opérateurs respectent la feuille de route présentée.

Jean-Ludovic Silicani s’est félicité du travail effectué par l’ARCEP. La France “dispose d’un cadre réglementaire original mais complet pour le déploiement des réseaux fixes de fibre optique jusqu’à l’abonné et va bientôt achever l’attribution des licences mobiles de 4ème génération”.

Le déploiement des réseaux très haut débit en vue de l’émergence d’offres de type fibre à domicile (Fiber to the Home ou FTTH en anglais) repose à la fois sur les opérateurs privés mais aussi sur les collectivités qui jouent d’abord “un rôle de planification territoriale essentiel, par l’élaboration des schémas directeurs territoriaux d’aménagement numérique”.

Cela fait deux ans que ce dispositif a été mis en place via la loi sur la fracture numérique.

Mais il reste sujet point sensible qui sera justement évoqué dans le cadre du prochain colloque TRIP 2011 (pour Territoires et Réseaux d’Initiative Publique) organisé la semaine prochaine à Paris par l’Avicca (Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel).

THD : Numericable rappelle sa propre contribution
Dans le débat sur le déploiement du très haut débit, le câblo-opérateur Numericable tient à rappeler sa contribution. Incontestablement, il peut revendiquer actuellement la place de leader avec plus de 450 000 abonnés THD sur les 550 000 recensés par l’ARCEP. Sachant que l’architecture réseau est différente. Numericable a d’abord parié sur une combinaison co-axial + fibre. Tandis que les opérateurs télécoms plus classiques parient sur le déploiement de la fibre tout le long de la chaîne. Numericable dispose de relations privilégiées avec certaines collectivités comme le conseil général du Rhône ou encore avec la communauté d’agglomération de Sarreguemines. En l’état actuel, le plus grand opérateur Orange n’aligne que 100 000 abonnés à la fibre.

 


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