Kodak au bout de la pellicule se dirigerait vers la faillite

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Selon le WSJ, Kodak pourrait se réfugier sous la protection du “Chapter 11” (procédure de mise en faillite aux Etats-Unis). L’ancien géant de la photographie a raté le virage du numérique.

Eastman Kodak Co. serait mal en point.

La firme américaine pourrait être forcée de se réfugier sous la protection du régime des faillites américain (appelé ‘Chapter 11’) “dans les semaines qui viennent” , selon le Wall Street Journal.

La direction de Kodak ne fait pas de commentaires sur le sujet.

La procédure dite “Chapter 11” autorise la poursuite de l’activité et prévoit l’établissement d’un plan de redressement avec les créanciers.

Toujours selon le WSJ, les enchérisseurs potentiels préfèrent attendre, à cause justement du risque élevé de faillite de Kodak.

La firme serait en cours de négociation avec les banques J.P. Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo & Co pour un prêt de 1 milliard de dollars en “financement du débiteur-exploitant.”

De quoi continuer ses opérations pendant le processus de faillite.

Néanmoins, il subsisterait un dernier espoir d’échapper à cette échéance : vendre une partie de ses 1100 brevets avant d’arriver au bout de ses réserves de liquide.

C’est un cliché mais l’échec de la société de George Eastman, fondée en 1881, est le fruit d’un retournement technologique brutal mal anticipé (passage de l’argentique au numérique dans le secteur de la photo) et d’une structure devenue trop sûre d’elle et moins réactive.

Ironie du sort :  après avoir presque tout inventé dans la photographie argentique, Kodak avait créé lui-même le premier appareil photo numérique en 1975.

Mais il n’a pas réussi à tirer profit de cet atout pour devenir un leader dans ce domaine.

D’autant que ses très confortables rentes sur la vente de pellicules photos aux États-Unis avaient commencées à être attaquées par la concurrence étrangère dès les années 80.

De ses belles années, il ne reste à Kodak que des obligations de plusieurs centaines de millions de dollars à payer chaque année en retraite et en assurance-santé à ses anciens employés.

Sa mise en faillite lui permettrait d’échapper à certaines de ces obligations, et lui donnera l’occasion de vendre son beau portefeuille de brevets plus sereinement, sous supervision de la justice.

Antonio M. Pérez, qui a pris la direction du groupe en 2005 après avoir dirigé la division imprimante de HP, a tenté de développer les sources alternatives de revenus.

Il a ainsi introduit Kodak sur le marché lucratif de l’impression.

Mais peine perdue : en 7 ans, l’entreprise a accumulé 6 années de pertes, pour ne pouvoir se vanter que de 2,6% de parts de marché dans les imprimantes.

Ses autres diversifications, par exemple dans les scanners, se révèlent aussi peu rentables.

Comme pour le cas de Nortel, la protection du “Chapitre 11” va n’accorder qu’un sursis à Kodak.

La firme (19 000 salariés dans le monde) devra se retrousser les manches pour éviter de sombrer définitivement.


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