La bataille de l’Internet illimité en Angleterre

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L’Internet sans abonnement, c’est dépassé. En Angleterre, les fournisseurs d’accès se battent maintenant sur le terrain de l’Internet illimité, communications comprises, mais toujours quasiment gratuit.

Dix-huit mois après l’éclosion de l’Internet sans abonnement, le Royaume-Uni est en train de vivre une deuxième révolution avec l’éclosion des offres d’Internet sans limite. Contrairement aux offres dites d’Internet gratuit, pour lesquelles l’internaute continue tout de même de payer ses communications, ces nouvelles offres illimitées incluent les communications. Altavista UK avait ouvert le feu la semaine dernière (voir édition du 7 mars 2000). Depuis, les concurrents font feu de tout bois. Dernier en date, le pionnier anglais Freeserve prend le train en marche en proposant deux offres. Les abonnés de British Telecom se verront offrir à partir de mai prochain, un accès illimité hors heures de pointe pour 6,99 livres (environ 75 F) par mois, téléphone compris. Pour les internautes prêts à changer d’opérateur téléphonique, Freeserve proposera un autre service d’accès illimité, 24 heures sur 24, à condition que les internautes dépensent au moins 10 livres (environ 105 F) par mois en communications téléphoniques hors Internet. Pour éviter les problèmes techniques inhérents à l’afflux d’abonnés que ce genre d’offre suscite, Freeserve limitera les ouvertures de comptes à 10 000 par semaine.

Plus attractif encore, mais aussi un peu moins réaliste peut-être, Breathe.net, un autre fournisseur d’accès anglais, compte proposer un accès illimité à vie pour 50 livres (moins de 550 francs) ! L’offre va donc encore plus loin que celle d’Altavista UK qui, en plus du versement de 30 à 50 livres à l’inscription, demandera 10 à 20 livres par an. Les internautes anglais devraient pouvoir en profiter à partir du 3 avril. Une limitation toutefois, l’internaute devra donner son numéro de téléphone et ne pourra accéder au service qu’à partir de sa ligne. Le Pdg de Breathe.net se veut tout de même prudent : “Notre modèle repose sur le fait que nous sommes persuadés que, tôt ou tard, le système du paiement à la minute des appels téléphoniques va voler en éclats”. En effet, toutes les offres d’Internet gratuit reposaient jusqu’à présent sur un système de reversement d’une partie du prix des communications téléphoniques. Et c’est encore le cas du dernier forfait de Freeserve. En revanche, Breathe.net ne reçoit évidemment plus rien. Et les retombées du commerce électronique, ou même de la publicité en ligne, sont pour l’instant bien trop faibles. Difficile d’être rentable dans ces conditions.

En France, plusieurs fournisseurs d’accès proposent déjà des forfaits d’accès tout compris, mais toujours avec un nombre d’heures de connexion limité. WorldOnline (voir édition du 24 février 2000) et, dans une moindre mesure, Worldnet (voir édition du 22 février 2000), sont les derniers à proposer de tels forfaits. Toutefois, la situation du marché des télécoms dans notre pays est encore trop centralisée. La question de l’ouverture de la boucle locale, dont la gestion et l’accès sont toujours sous le monopole de France Télécom, n’est pas encore réglée. Mais les arguments étaient les mêmes lors de l’apparition des premières offres anglaises d’Internet sans abonnement…


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