La folie iPhone s’empare des Champs-Elysées

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Reportage sur “la plus belle avenue du monde” pour le lancement en avant-première de l’iPhone dans la nouvelle agence Orange.

Qui osera affronter le froid sur les Champs-Elysées au nom de l’iPhone ? Mercredi soir, France Telecom a inauguré sa boutique Orange située en haut de “la plus belle avenue du monde” près de l’Etoile avec le lancement du smartphone d’Apple en avant-première. Inutile de faire durer le suspense : je n’étais pas seul évidemment en sortant de la station RER Etoile vers 18h15.

Parce que les Champs-Elysées et ses décorations de Noël drainent logiquement beaucoup de touristes. Parce qu’en raison du 60ème anniversaire de la mort du général Leclerc, chef de la fameuse 2e DB lors de la deuxième Guerre mondiale, une cérémonie militaire était organisée sous l’Arc de Triomphe.

Plus fantaisiste, on y trouvait Jack Sparrow, le Pirate des Caraïbes, immortalisé par Johnny Depp en statue de cire assis à l’étage supérieur d’un bus à double étable à l’anglaise pris dans le trafic au bout de la célèbre avenue. Histoire de faire un peu de buzz à moindre coût sur la sortie du DVD de ses dernières aventures rocambolesques. L’image est un peu poussive mais elle me ramène à mon sujet initial : je verrais bien Steve Jobs déguisé en flibustier prêt à attaquer le galion de la téléphonie mobile…

Mais, en traversant l’avenue, côté Publicis Drugstore, le chaland est intrigué par une foule qui forme un grand U pour atteindre la nouvelle agence Orange. L’opérateur a installé sa boutique une centaine de mètres plus bas.

Eclipsés les derniers doutes : Orange et Apple ont réussi leur coup pour attirer l’attention à moindre frais de publicité. Les fans d’Apple et de l’iPhone sont au rendez-vous : plusieurs centaines au premier coup d’oeil. Le buzz a vraiment bien fonctionné mais, avec une seule agence parisienne ouverte en avant-première sur les 12 en France, Orange a tout fait pour canaliser l’attention du public sur un seul point de vente.

Un premier client assailli par les micros

La foule est calme en attendant l’ouverture grand public de la boutique prévue à 18h30 et dont la fermeture est prévue à 2h30 du matin. L’iPhone vaut bien une nocturne. “On est ici depuis 16h30”, glisse une hôtesse d’accueil placée sous le petit chapiteau qui sert d’entrée devant l’agence pour les premiers “clients-stars”.

A l’entrée de la boutique, c’est la cohue des journalistes qui flashent ou filment l’entrée de l’agence à défaut de pouvoir y entrer. Toutefois, une équipe de M6 a réussi à passer les mailles du dispositif de sécurité. A l’extérieur, on est un brin jaloux…

18h30, l’heure de l’iPhone, n’a pas sonné mais un premier client sort déjà de l’agence, aussitôt agrippé par une meute de journalistes et de caméras. Premières impressions prises à chaud. Notre interlocuteur assure être le premier à être passé par la caisse pour acquérir un iPhone. Mais il avoue ne pas être le premier visiteur de l’agence.

Assez rapidement, on se rend compte que Simon Treille, “l’heureux élu”, n’est pas un client lambda. Certes, il est fier de montrer son coffret iPhone dans ses mains. Mais, avec une casquette “JeChange.fr” vissée sur sa tête, il a clairement été envoyé en mission spéciale pour faire un coup médiatique au moteur de comparaison des tarifs de diverses prestations (accès Internet haut débit, énergie, télévision numérique, branque et crédit mais aussi … téléphonie mobile). Bien joué (voir vidéo).

Les syndicats s’invitent à “l’iPhone party”

La cohorte de journalistes fait tampon entre l’agence et la foule qui ne cesse de grandir. Chacun tente sa chance pour se faire montrer, y compris les syndicats. Habillée d’un masque et d’un costume blanc, une délégation de représentants de la fédération syndicale des activités postales et télécommunications de SUD distribue des tracts dans la masse.

Elle dénonce “le mariage de la pomme et de l’orange”. “Pendant la noce, le massacre continue”, en référence aux 22 000 emplois supprimés dans les trois ans à venir chez l’opérateur. On serait presque tenté de dire que l’iPhone ne rend pas les revendications syndicales aphones.


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