Microsoft + LinkedIn : Salesforce brandit l’épouvantail antitrust

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Percevant, dans le rapprochement entre Microsoft et LinkedIn, des risques pour la concurrence, Salesforce invite Bruxelles à scruter l’opération de près.

Microsoft aura-t-il finalisé l’acquisition de LinkedIn avant la fin de l’année ?

La firme a fixé l’échéance, mais elle n’a pas toutes les cartes en main pour la respecter : le timing dépendra essentiellement de l’examen du deal par les autorités antitrust.

Microsoft affirme avoir obtenu le feu vert aux États-Unis, au Canada et au Brésil. Reste toutefois un gros morceau en l’objet de l’Union européenne… et sa commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, qui a – entre autres – mis Apple et Google devant leurs responsabilités.

C’est sans compter la pression exercée par Salesforce.

Le groupe américain, candidat malheureux à l’acquisition de LinkedIn*, avertit la Commission européenne des « risques » que représentent la fusion du réseau social BtoB avec Microsoft, en matière d’innovation, d’ouverture du marché et de vie privée.

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Marc Benioff, le CEO de Salesforce, craint notamment que Microsoft se réserve un accès exclusif aux données associées aux 450 millions de comptes d’utilisateurs que revendique LinkedIn.

Cette doléance, le dirigeant l’a émise en réponse à un questionnaire envoyé par Bruxelles, d’après le New York Times, qui en réfère à trois sources dites « proches du dossier ».

Ledit questionnaire est communément adressé aux « parties intéressées » dans le cadre d’opérations de fusion-acquisition. Il laisse suggérer que Microsoft a amorcé les démarches auprès de l’UE – Bloomberg évoque un dépôt officiel du dossier pour début novembre au plus tard.

L’examen des fusions s’étend typiquement sur 25 jours ouvrés. Il peut néanmoins être prolongé de plusieurs mois si des clarifications sont nécessaires.

Margrethe Vestager en est consciente : Bruxelles va devoir s’intéresser de plus près aux fusions-acquisitions qui impliquent des données à forte valeur, y compris si les parties prenantes n’ont pas une taille et un chiffre d’affaires significatifs. Elle l’a rappelé ce jeudi 29 septembre 2016 dans le cadre d’une intervention sur la thématique big data.

* Le conseil d’administration a privilégié l’offre de Microsoft, intégralement en cash, à 196 dollars par action, soit 26,2 milliards de dollars. Pour Salesforce, la base de données de LinkedIn aurait constitué une mine d’or à exploiter sous l’angle du big data, entre ciblage publicitaire et marketing prédictif.


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