Réseaux : avec les derniers blocs d’adresses IPv4 attribués, l’ère IPv6 commence vraiment

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Le 3 février, les cinq derniers blocs d’adresses IPv4 ont été attribués aux registres Internet régionaux (RIR). Le signal pour la nécessaire transition vers IPv6.

Cette fois, nous y sommes pour de bon.

Les 5 derniers blocs d’adresses IPv4 (16 millions d’adresses IP par bloc) ont été attribués le 3 février par IANA, un organisme dépendant de l’ICANN qui gère l’adressage sur Internet, aux différents registres internet régionaux (RIR).

Fin de l’iPv4, migration vers l’IPv6…Durant une convention diffusée en direct en vidéo, les acteurs présents n’ont pas manqué de souligner qu’il s’agissait d’un “jour historique pour l’Internet”.

“C’est complètement vide, il n’y en a plus (…) C’est comme quand on est à court de plaques d’immatriculation” a indiqué Olaf Kolkman, président de l’organisme technique en charge des aspects techniques d’Internet, l’Internet architecture board (IAB), lors d’une conférence de presse.

En l’état, les RIR ont encore entre 6 et 9 mois avant d’être eux-aussi en situation de pénurie, c’est à dire d’incapacité à pouvoir allouer des plages d’adresses IP à leurs membres (opérateurs / FAI, hébergeurs, etc).

Pour rappel, seules 4 milliards d’adresses étaient disponibles avec le protocole IPv4.

Le mot sur toutes les bouches est désormais IPv6, qui offre une capacité d’adresses virtuellement illimité mais sa mise en production commerciale n’a jamais été réellement poussé.

Son adoption est aujourd’hui urgente pour assurer la croissance du réseau mondial et ne pas créer de situations locales d’engorgement en utilisant à grande échelle des mécanismes de NAT (une adresse IP pour des dizaines, centaines ou milliers d’utilisateurs) à large échelle.

Dans une interview accordée à 20minutes, Jeff Doyle, président du cabinet Jeff Doyle and Associates qui conseille de grands fournisseurs d’accès à Internet (FAI), a justement déclaré que le LSN (Large scale NAT) était “du NAT à large échelle (…)” . Ainsi, “Plusieurs milliers d’utilisateurs peuvent se trouver derrière une seule adresse IP.”

Certains experts commencent à lancer des avertissements : avoir recourt massivement à du LSN pourrait ralentir et scléroser l’Internet.

Sans parler des problématiques d’identification des machines qui tombent dans l’activité illégale comme le téléchargement d’œuvres protégées.

De quoi donner matière à réflexion à Jean-Michel Planche, Président de Witbe qui pilote désormais le “Lab réseaux et techniques” de la HADOPI.

Fervent défenseur d’IPv6, ce pionnier de l’Internet français déclarait en 2009 sur LePost avoir trouvé un deuxième intérêt à Hadopi : celui d’encourager l’adoption d’IPv6 pour que chaque individu et chaque matériel connecté aient leur propre adresse IP.

De là à dire qu’avec IPv6, le fait de repérer les internautes qui téléchargent sera plus facile…

La balle est aujourd’hui dans le camp des opérateurs de transit et fournisseurs d’accès qui doivent faire évoluer des millions de terminaux de façon imperceptible (ou presque) pour les utilisateurs finaux.

Un défi sans précédent dans l’histoire de l’Internet qui promet de belles casseroles pour les ingénieurs…


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