Résultats BlackBerry : une transition difficile sauvée par un effet Qualcomm

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BlackBerry affiche des résultats trimestriels en trompe-l’œil. La firme canadienne profite de l’arbitrage en sa faveur dans un litige contre Qualcomm.

Un chiffre d’affaires réduit de près de moitié d’une année sur l’autre, mais un résultat net en forte croissance : BlackBerry affiche, pour le 1er trimestre de son exercice fiscal 2018 (correspondant à la période du 1er mars au 31 mai derniers), des résultats en trompe-l’œil.

La firme canadienne, qui se définit désormais comme « un fournisseur de logiciels et de services de sécurité axés sur le mobile et « l’entreprise des objets » », bénéficie de l’arbitrage rendu en sa faveur il y a quelques semaines dans le cadre d’un litige avec Qualcomm sur l’exploitation de propriété industrielle.

Il a été demandé au fabricant californien de semi-conducteurs – sans contestation possible –  de restituer 815 millions de dollars pour avoir perçu un trop-plein de redevances dans le cadre d’un accord de licence. S’y ajoutent 139 millions de dollars en intérêts.

Réduire les coûts

Ce dédommagement permet à BlackBerry d’afficher un résultat à 671 millions de dollars (1,23 dollar par action), contrastant avec les pertes de 670 millions enregistrées un an plus tôt, notamment du fait de dépréciations d’actifs – voir la synthèse des résultats au format PDF.

À périmètre constant, ce n’est plus la même histoire : le résultat d’exploitation est tout juste positif, à 14 millions de dollars, sur des revenus en nette baisse : 235 millions de dollars, contre 400 millions au 1er trimestre de l’exercice 2017 (- 41 %).

Le basculement des développements hardware sur un modèle de sous-traitance par concession de licences d’exploitation de la marque BlackBerry n’est pas étranger à la nette réduction du coût des ventes, portant la marge brute à 63,8 % (+ 25,3 points).

Les dépenses d’exploitation diminuent elles aussi, aussi bien en R&D (- 46 %, à 61 millions de dollars) que pour les frais commerciaux, marketing et administratifs (- 20 %, à 110 millions). La fin du contentieux avec Qualcomm a pesé dans la balance, tout comme des ponctions salariales… et la réduction des effectifs : à peine 4 000 employés à la fin du dernier exercice fiscal, contre 8 000 trois ans plus tôt.

Onze millions de mobinautes

Les « logiciels et services pour les entreprises » restent le principal poste de revenus, à 92 millions de dollars (+ 12 %). Le segment inclut, entre autres, la plate-forme BlackBerry Secure, qui réunit Unified Endpoint Manager (ex-BES), BlackBerry Dynamics (ex-Good Dynamics) et Workspaces (ex-WatchDox).

C.A. stable pour le segment « Technology Solutions », à 36 millions de dollars, avec la plate-forme QNX, l’OS Neutrino, les solutions de cryptographie Certicom ou encore l’offre IoT Radar, dont une version low cost Radar-L est prévue « pour le 2e semestre de l’exercice 2018 ».

S’il porte le segment « licences et propriété intellectuelle » (+ 28 %, à 32 millions de dollars), le nouveau modèle hardware se ressent sur les revenus associés au poste « Handheld Devices » : ils sont divisés par près de quatre, à 37 millions de dollars, BlackBerry revendiquant une base de 11 millions d’utilisateurs de ses smartphones.

Les frais facturés aux utilisateurs d’anciennes versions de l’OS BlackBerry (7 et antérieures) continuent eux aussi de chuter, passant, en un an, de 106 à 38 millions de dollars.

L’activité prend de l’importance en Amérique du Nord (États-Unis + Canada) : à 127 millions de dollars, le marché représente 54 % des ventes de BlackBerry (+ 9,7 points), contre 29,8 % pour l’EMEA (- 11,7 points), 14,5 % pour l’Asie-Pacifique (+ 2,7 points) et 1,8 % pour l’Amérique latine (- 0,7 point).

Crédit photo : compte Instagram @blackberry


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