Résultats Yahoo : la masse salariale n’est pas seule à diminuer

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Le business publicitaire recule chez Yahoo, qui reste néanmoins dans le vert, entre autres grâce à la déduction de provisions pour impôts.

Promesses tenues : comme annoncé vendredi dernier, Yahoo n’a pas organisé de conférence téléphonique dans le cadre de la présentation de ses résultats financiers pour le 3e trimestre 2016.

On n’en saura pas plus sur l’évolution du dossier Verizon, tout juste mentionné dans les diapositives – PDF, 34 pages – à l’attention des investisseurs en tant que « facteur influençant » pour l’activité de la société.

Qu’en est-il sur le plan comptable ?

Dans l’absolu, à périmètre constant, le chiffre d’affaires baisse de 15 % d’une année sur l’autre, à 1,047 milliard de dollars. Mais dans la communication officielle, il augmente de 6,4 %, à 1,355 milliard de dollars.

Ce différentiel de 258 millions de dollars est lié à un avenant à l’accord mi-technologique, mi-publicitaire signé en 2009 avec Microsoft autour du partage des revenus émanant des liens sponsorisés Bing Ads diffusés sur le moteur de Yahoo.

Auparavant déduites du chiffre d’affaires, les sommes reversées aux partenaires sont, depuis le trimestre dernier, rapportées comme des coûts d’acquisition de trafic (TAC). Ces derniers augmentent donc sensiblement d’une année sur l’autre, passant de 223 à 448 millions de dollars. Ils auraient diminué de 15 % sinon.

Bilan : hors TAC, le CA s’établit à 858 millions de dollars (- 14 %), sous la barre du milliard pour le troisième trimestre consécutif. La publicité en représente 85 %.

Réduire les coûts

Le principal poste de revenus sur ce segment reste le display, à 413 millions de dollars (+ 1 % sur un an), malgré une baisse de 5 % du volume d’annonces commercialisées. C’est plus difficile sur le search, en recul de 20 %, à 319 millions de dollars, avec une chute de 22 % du nombre de clics, malgré un CPC en croissance de 9 %.

Le mobile continue à prendre de l’importance dans l’activité globale : 396 millions de dollars du CA brut en sont issus, contre 271 millions l’année passée ; tandis que la part du desktop, bien que toujours majoritaire, régresse, à 844 millions de dollars de dollars.

La zone Amériques demeure la locomotive du groupe Internet : 1,058 milliard de dollars, c’est 81 % de son chiffre d’affaires, hors déduction des TAC. L’Asie-Pacifique en représente 11 % ; la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), 8 %.

Au 30 septembre 2016, Yahoo n’emploie plus de 8 500 personnes, contre 10 700 un an plus tôt. Cela se ressent dans les dépenses d’exploitation, en recul aussi bien sur la R&D (243 millions de dollars, contre 272 millions l’année dernière) que sur le commercial (de 274 à 212 millions).

Pour autant, en normes comptables GAAP, le résultat d’exploitation est dans le rouge, à – 52 millions de dollars. Mais le résultat net, lui, augmente de 114 %, à 163 millions de dollars (17 cents par action), essentiellement grâce à la déduction de provisions pour impôts.

Difficile de louper, sur le bilan consolidé, les 40 milliards de dollars que vaut désormais la participation détenue par Yahoo dans le géant chinois Alibaba. Ainsi que les quelques statistiques que l’entreprise fournit pour démontrer que l’usage de ses services n’a globalement pas diminué depuis le 22 septembre 2016 et l’officialisation d’un vol massif de données.


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