Roaming : la communication est brouillée entre UFC-Que Choisir et Bruxelles

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L’association de défense des consommateurs français UFC-Que Choisir s’insurge contre un avant-projet de tarification de la Commission européenne en matière d’itinérance (roaming).

(Update 15/06/11 à 19:25) UFC-Que Choisir a pris connaissance d’un avant-projet européen de règlement sur les tarifs de l’itinérance internationale (roaming).

Et elle vient d’exprimer son opposition à la position de Neelie Kroes, commissaire européenne en charge du Développement de l’économie numérique, .

Dans un communiqué en date du 15 juin, l’UFC-que Choisir fait état de sa “stupéfaction” face à “ce texte qui est en total décalage avec les anciens engagements de la Commission” .

La Commission Européenne a en effet toujours souligné sa volonté de faire converger les prix en roaming vers les prix nationaux pour atteindre la parfaite adéquation d’ici 2015.

Objectif : encourager la mise en place d’une “Europe des télécommunications” avec des tarifs unifiés.

“Les prix envisagés dans l’avant-projet de règlement européen (plafonds de 24 centimes d’euro par minute HT pour les appels sortants, 8 centimes d’euros pour les SMS et 50 centimes d’euros par minute pour les données) sont très loin de l’ambition de mettre en place un grand marché unique des télécommunications” , argue l’UFC-que Choisir.

L’association de défense des consommateurs s’interroge : “Pour les appels, la Commission propose un plafonnement à 24 centimes d’euro/minute HT pour les appels émis alors même que le prix moyen des appels nationaux était en 2009 de 13 centimes d’euro /minute ! (…) Les appels reçus restent payants, pourtant aucun pays en Europe ne pratique, aujourd’hui, ce mode de tarification pour les appels nationaux.”

Des tarifs jugés “incompréhensibles” puisque la terminaison d‘appel mobile (c’est à dire le prix que se facturent les opérateurs mobiles pour interconnecter leur réseau) va converger en 2015 à moins de 1 centime d’euros par minute (0,8 centime d’euro/minute en France) contre plus de 6 centimes par minute en moyenne en Europe en 2009.

Concernant la 3G, si l’association se réjouit de la création d’un plafond pour le marché de détail, ce qui devrait permettre d’empêcher certains dérapages tarifaires connus ces dernières années, elle émet des réserves sur le niveau établi.

“Le plafond fixé à 50 centimes/Mo [et non euro comme indiqué auparavant, ndlr] est supérieur à ce que l’on peut déjà observer dans les offres de certains opérateurs et jusqu’à 56 fois plus élevé que ce que l’on peut observer sur certains marchés nationaux. En Suède, par exemple, en 2009 le Mo était facturé 0,9 centime/minute” , s’offusque UFC – Que Choisir.

Elle demande à Neelie Kroes de “réorienter son projet en faveur des consommateurs” et de revoir sa copie.

Il est vrai que le fait de passer un appel téléphonique lors d’un séjour à l’étranger ou de se connecter à l’Internet mobile demeure toujours un exercice qui peut réserver des surprises sur la facture…


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