Vidéos terroristes: YouTube and co sous la pression des pouvoirs publics

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Depuis la série d’attentats, YouTube et Dailymotion ont des contacts plus serrés avec la police pour filtrer les vidéos les plus violentes ou faisant l’apologie du terrorisme.

Le gouvernement de Manuel Valls n’a pas encore établi de nouvelles règles pour le contrôle Internet.

Mais, juste après les attentats liés à Charlie Hebdo, YouTube et Dailymotion admettent qu’ils travaillent en collaboration plus étroite avec les pouvoirs publics pour retirer les vidéo faisant l’apologie du terrorisme.

Dans une interview accordée le 13 janvier à France Info, Nick Leeder, Directeur général de Google, a déclaré qu’il s’appuyait d’abord sur le règlement d’usage de YouTube.

Néanmoins, et en fonction des circonstances exceptionnelles (Plan Vigipirate alerte attentat), il admet “quelques demandes de la part des autorités de retrait de vidéos” au cours du week-end.

“On enlève les vidéos le plus rapidement possible dans ce cas-là. Ce n’est pas généralisé, c’est sur une demande de vidéo illégale”, justifie le dirigeant de Google France.

Que stipule ce règlement de la communauté YouTube ? “Nous nous refusons à diffuser tout contenu qui incite à la violence ou encourage des activités illicites et dangereuses pouvant entraîner des blessures physiques ou la mort.”

“Nous ne publions donc pas de vidéos expliquant la fabrication des bombes, la formation des assassins ninjas, les attaques de tireurs embusqués, la formation des terroristes ou la mise en place de rallyes illégaux dans les rues. Toute représentation traitant de l’un de ces sujets doit être à caractère éducatif ou documentaire et ne doit pas aider ni inciter les spectateurs à faire de même.”

Pour éviter le blocage systématique, il existe aussi un niveau d’auto-régulation pour les contenus “potentiellement offensant ou choquant” proposé par YouTube.

On peut le constater sur la copie d’écran ci-dessous : libre à l’internaute d’aller plus loin ou non.

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C’est la question de la réactivité de YouTube pour retirer les vidéos qui semble au cœur d’une polémique. LePoint.fr affirme qu’il a fallu à YouTube un délai 6 jours pour bloquer la vidéo intégrale de l’exécution du policier Ahmed Merabet abattu par les frères Kouachi à la sortie des locaux de Charlie Hebdo.

Le duo YouTube-Google se défend d’un moindre laxisme : “YouTube a des politiques claires qui interdisent certains types de contenus comme ceux mettant en avant de la violence gratuite, des discours de haine et/ou d’incitation à commettre des actes violents, et nous supprimons les vidéos qui violent ces politiques quand elles nous sont signalées par nos utilisateurs.”

De côté de Dailymotion, la plateforme vidéos française travaille aussi avec les pouvoirs publics et l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC, rattachée à la direction centrale de la police judiciaire).

Pour la vidéo intégrale de l’exécution du policier Ahmed Merabet, Giuseppe de Martino, Secrétaire général de Dailymotion, précise que la vidéo non floutée du policier abattu par les frères Kouachi a été également retiré (plus vite que YouTube suggère-t-on dans un autre sujet diffusé sur LePoint.fr).

Dailymotion met aussi en avant le cours à la technologie dite fingerprinting (reconnaissance d’empreintes numériques) : en théorie, un code unique intégré dans une vidéo publiée puis bloquée empêche sa rediffusion. Le blocage reste valable si l’upload est réalisé via un autre compte. Là aussi, ce serait une grande différence par rapport au rival américain.

Nous avons contacté Facebook France sur le même sujet. Nous attendons des précisions du service de communication. Néanmoins, dans ses pages d’aides, Facebook précise : “Nous supprimons les éléments qui ne respectent pas les conditions d’utilisation de Facebook (par exemple, nudité, harcèlement, violence graphique, contenu indésirable).”


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