Xavier Niel (Free Mobile) : la “concurrence positive”, le rempart face à “l’oligopole”

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Dans une tribune signée dans Les Echos, le patron de Free répond aux détracteurs qui considèrent que l’arrivée de Free Mobile est néfaste pour le secteur télécoms.

Free Mobile, un mauvais calcul pour le secteur télécoms ?

Xavier Niel riposte face à la déferlante de chroniques dans la presse sur les présumés effets négatifs de l’arrivée de Free mobile en termes de marchés, d’emplois et d’investissement.

Tant de sacrifices au nom de la concurrence, selon les parties qui fustigent l’arrivée du nouvel entrant dans le secteur de la téléphonie mobile.

“Les arguments des détracteurs de la quatrième licence et de la concurrence sont simples, voire simplistes ; la baisse des prix sur le mobile va amener les opérateurs à réduire leurs coûts, donc à diminuer l’emploi dans le secteur et naturellement à moins investir”, écrit le fondateur et principal actionnaire de l’opérateur télécoms qui, après avoir introduit avec succès la set-top box triple play Freebox, veut relever le défi de la mobilité.

Dans une tribune diffusée sur le site des Echos, le fondateur et principal actionnaire de Free s’emporte face à ces critiques visant à faire de Free Mobile un “bouc émissaire”.

“Avant c’était la réglementation et les taxes qui étaient le prétexte à la rigueur chez les opérateurs, maintenant c’est Free Mobile.”

Avec son démarrage commercial en janvier, il est indéniable que le nouvel entrant dans la téléphonie a bousculé “l’oligopole” dans le secteur (Orange, SFR, Bouygues Telecom), “lourdement sanctionné par l’Autorité de la concurrence en 2005”. L’ensemble des recours semblent désormais épuisés.

Le patron de Free cite les noms des organisations ou commissions qui se sont manifestées à l’époque pour qu’un nouvel opérateur mobile apporter un nouveau souffle : Autorité de la concurrence, ARCEP, Commission européenne, OCDE, Commission Attali, les associations de défense des consommateurs…

Et rappelle que Free Mobile a été le seul candidat pour l’attribution de cette quatrième licence (obtenue en décembre 2009).

Toujours dans le cadre de cette tribune, Xavier Niel revient sur “quelques menaces brandies et sur des réalités commerciales”.

Il conteste le fait que le seule arrivée de Free Mobile a fait reculer l’emploi dans le secteur de la téléphonie mobile.

“Il baisse depuis des années dans notre secteur passant de 156 000 postes en 1998 à 124 000 en 2009, année ou il s’est stabilisé. Depuis le secteur connait une légère croissance.”

Quant au recours à des centres d’appels offshore sous-traités, le mouvement a commencée “il y a bien longtemps, du temps de l’oligopole soucieux de sa rente”. “Ce n’est donc en rien un effet de la récente concurrence”, considère la patron de Free.

“Et ce n’est pas Free Mobile qui a fait entrer en France les équipementiers chinois…”

Après avoir conquis 2,61 millions d’abonnés en un trimestre, le nouvel opérateur mobile refuse de lâcher du terrain.

“Free a pour sa part recruté plus de 1500 personnes sur la dernière année pour son activité mobile auxquels s’ajoutent les nombreux emplois indirects. Free avait un centre d’appels en France en 2008, il y en a cinq aujourd’hui avec des effectifs qui ont quintuplés”, martèle Xavier Niel.

Et ce n’est pas fini : “Depuis un an, la totalité des emplois créés dans nos centres d’appels l’ont été en France et le développement de notre réseau de boutiques contribuera à la croissance de nos effectifs sur le territoire national.”

A travers les offres commerciales attractives de Free (comme le forfait Freebox à 29,99 euros ou le forfait mobile à 19,99 euros) synonymes de gains de pouvoir d’achat, le manager veut remettre au centre des débats une “vision positive de la concurrence” face à un “oligopole rarement vertueux”.

“La concurrence, raisonnablement régulée, me paraît seule à même de concilier respect du consommateur et préservation de l’intérêt général et des grands équilibres”, conclue-t-il.

Crédit photo : © microcozm – Fotolia.com


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