Spotify lève 1 milliard de dollars : la croissance passe par la dette ?

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Spotify aurait négocié une levée de dette d’un milliard de dollars. Quelles garanties pour l’avenir ce mode de financement apporte-t-il ?

Spotify se dirige vers une opération de financement sans précédent.

La plate-forme de musique en streaming d’origine suédoise aurait trouvé un accord avec un bouquet d’investisseurs pour lever 1 milliard de dollars de dette.

Le deal serait bouclé d’ici à la fin de la semaine, à en croire le Wall Street Journal, qui s’appuie sur les déclarations de sources dites « proches du dossier ».

À eux deux, le fonds de capital-risque TPG (qui a notamment soutenu Uber et Airbnb) et le fonds de gestion alternative Dragoneer (dont le portefeuille comprend aussi Airbnb, ainsi qu’Instacart ou encore WEVR) apporteraient 750 millions de dollars ; le reste provenant de clients de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Pour Spotify, qui revendique 30 millions d’abonnés payants sur une base globale de 75 millions d’utilisateurs actifs*, ce mode de financement présente l’avantage de ne pas influer sur la valorisation. Celle-ci reste en l’occurrence établie aux 8,5 milliards de dollars atteints en juin 2015 à l’issue d’un tour de table de 526 millions de dollars.

Plusieurs modalités ont toutefois été posées en contrepartie. TPG et Dragoneer pourront notamment, lorsque interviendra l’IPO, convertir la dette en capital avec une réduction de 20 % sur le prix d’introduction du titre. Un seuil qui sera relevé de 2,5 points tous les 6 mois si Spotify n’entre pas en Bourse dans un délai d’un an (le grand saut serait prévu au cours des deux prochaines années).

Spotify s’acquittera par ailleurs de 5 % d’intérêts annuels. Un taux qui augmentera d’un point tous les six mois jusqu’à l’IPO ou, à défaut, jusqu’à ce qu’il atteigne 10 %. Enfin, TPG et Dragoneer auront la possibilité de revendre leurs parts 90 jours après l’introduction en Bourse, contre 180 jours pour les employés et les autres investisseurs.

Au regard des risques soulevés par ces engagements, on peut considérer que Spotify est optimiste pour l’année 2016, malgré la montée en puissance d’Apple Music.

Dans cet environnement ultra-concurrentiel, les investissements vont se concentrer essentiellement sur le marketing, avec l’objectif de recruter un maximum d’utilisateurs. On surveillera également les velléités de croissance externe. La dernière acquisition officielle de Spotify remonte à l’été 2015 avec Seed Scientific, un spécialiste des technologies big data analytiques.

* Spotify n’est pas rentable en l’état actuel de ses dernières publications financières : 162 millions d’euros de pertes sur l’exercice fiscal 2014.

Crédit photo : Denys Prykhodov – Shutterstock.com


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