Tripndrive, c’est fini pour un cap crucial raté avec un VC

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La start-up Tripndrive (mobilité urbaine) est tombée en liquidation judiciaire, a priori à cause d’un fonds d’investissement qui n’a pas respecté ses engagements.

Plus dure est la chute…Dans une contribution toute chaude sur Medium, un co-fondateur de Tripndrive a évoqué le déclin accéléré de la start-up.

Sa liquidation judiciaire vient d’être prononcée le 16 mars alors que la configuration demeurait encore à l’optimisme il y a deux semaines dans l’attente d’un financement…qui n’arrivera finalement pas.

François-xavier Leduc, qui fait partie du trio de co-fondateurs de Tripndrive (avec Arthur de Keyzer et Nicolas Cosme), revient sur la genèse à la mi-2013 et la chute brutale via une contribution dense sur Medium.

La start-up, qui a adopté TND SA comme dénomination sociale, surfe sur la mobilité en zone urbaine (place de marché permettant aux voyageurs allant et venant de partager leur voiture sur les zones de flux comme les aéroports).

En novembre 2014, une première levée de fonds de 800 000 euros avec le soutien du fonds ISAI et de business angels individuels permet d’avancer dans ce sens (30 gares & aéroports couverts, 50 000 utilisateurs servis).

Dans la vie d’une start-up, il n’est pas rare de pivoter c’est-à-dire de changer de positionnement. Car le modèle initial n’est pas suffisamment pertinent ou il ne grossit pas assez vite ou la concurrence est vive (dans ce segment, on trouve aussi TravelCar qui a monté en puissance).

En cette fin d’année 2015, l’équipe de Tripndrive relève le défi : un nouveau service de mise à disposition de véhicule sous forme de bien à la demande sans les contrainte de la propriété.

La persistance produit des effets positifs en se concentrant sur un pilote dans Paris intra muros. Mais il ne faut pas négliger le financement pour assurer la suite de l’aventure.

« Nous nous sommes battus pour cela, nous avons rencontré des dizaines de fonds à Paris, Bruxelles, et Londres », évoque François-xavier Leduc dans sa contribution sur Medium.

« Entre Noël et le jour de l’An, nous négocions, et finalement nous accordons pour faire confiance au fonds A, qui nous offrait les meilleurs termes. »

Bad Tripndrive avec le VC

La term sheet (proposition d’investissement de la part d’un ou plusieurs investisseurs de capital-risque) est signée le 11 janvier 2017 et la levée de fonds est censée être bouclée le 24 février.

Mais le « fonds A » (dont le nom ne sera jamais dévoilé dans le récit publié sur Medium) semble marquer quelques hésitations. Ce qui aboutit au plantage du financement dans un contexte de trésorerie de Tripndrive « sur le fil du rasoir ».

Le fonds ISAI soutient l’équipe de la start-up depuis le démarrage pour éviter le trou d’air. Mais cela ne suffira pas. « La terre tremble le 14 février lorsque le ‘fonds A’ nous fait savoir qu’ils ne disposent pas et ne disposeront pas des fonds avant mi-avril au plus tôt. »

Impossible de tenir cette échéance du côté de Tripndrive au regard de la situation financière dégradée. « Nous avons tenté de découper l’opération en deux temps avec les autres investisseurs qui devaient participer au tour », évoque François-xavier Leduc. « La défiance créée par A été trop forte et l’opération a capoté lundi 27 février. »

Trop tard pour se retourner avec une hypothèse de levée de fonds bouclée devenue trop incertaine. Tripndrive opte pour la déclaration de cessation de paiement. On connaît la suite.

Le récit de cette start-up est à rapprocher des enseignements du 1er Baromètre des Levées de Fonds et des start-up en France en 2016 réalisé par In Extenso. Les assises des start-up sont vraiment fragiles dans la période +1 à +3 ans d’existence.

Mais il faut également souligner la nécessité d’un haut degré de confiance entre start-uppers et investisseurs pour ériger des relations constructives et avancer dans un même sens synchronisé.


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